Trois questions à Roland Mahauden

Entretien

De 1996 à 2001, Roland Mahauden a produit Trainspotting, mis en scène par Derek Goldby. En Belgique, mais aussi à Paris et au Printemps de Bourges. Douze ans plus tard, le directeur du Théâtre de Poche se réjouit de lire sa suite.

Quel souvenir gardez-vous

de « Trainspotting » ?

Celui d’un succès fou. Le roman d’Irvine Welsh a été adapté au théâtre par Harry Gibson avant de l’être au cinéma. Je l’ai vu à Londres. Nous en avons acheté les droits et l’avons fait traduire. Et trois cents représentations se sont enchaînées. Cette pièce tombait à point nommé, c’était son heure. On était en pleine réflexion, on se demandait comment faire pour que le théâtre ne soit pas trop élitiste. Et cette pièce a eu un impact exceptionnel sur les jeunes : des gamins téléphonaient pour savoir comment réserver une place de théâtre. Elle a été jouée dans énormément d’écoles, suivie de débats. Aborder la drogue au théâtre, c’était une perche en or pour tous les enseignants.

Qu’est-ce qui était si fort ?

Cette façon d’aborder le problème. Trainspotting est à la fois glauque et plein d’humour. Dans les salles, il y avait successivement des rires et de la répulsion. Les gens riaient mais on n’évitait pas le problème de fond. C’était vraiment une pièce salutaire.

Produire la suite vous tente ?

A priori, oui. Pour autant qu’on puisse obtenir les droits. Je crois que tous ceux qui avaient 16-17 ans à l’époque viendraient. Cette pièce a vraiment laissé une trace. Voir quelqu’un qui se pique à l’héroïne a un autre impact sur scène qu’au cinéma. C’était un grand spectacle du Poche. Pour dire aux jeunes non ce qu’ils doivent penser mais qu’ils doivent penser.