Théâtre La princesse Turandot de l’Infini Théâtre à Charleroi : Sous le masque, le conte

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Turandot, princesse chinoise, d’une beauté, d’une intelligence et d’une cruauté insoutenables, fait décapiter tous les hommes amoureux d’elle… s’ils ne peuvent résoudre les trois énigmes qu’elle leur pose. Le Prince Kalaf, incognito à Pékin, tombe sous le charme et relève le défi. Mais la sphinx persiste à se soustraire au mariage. Kalaf lui laisse une chance : qu’elle devine son identité et il la laissera libre. Les ressorts de la ruse, de la corruption, de la torture sont mis en branle. Turandot réussit mais s’incline, par amour…

Sous la fable (1762) de Carlo Gozzi courent bien des fantasmes ! Orgueil ? Peur du désir ? Cette histoire inspirée d’un conte persan, le poète vénitien l’a traitée en mixant son orient imaginaire avec la commedia dell’arte, ses Pantalon, Tartaglia…, d’où ce ton tragicomique et onirique.

Le spectacle de l’Infini Théâtre s’abreuve à toutes ces sources : la gestique inspirée (mais décalée) du théâtre oriental, les codes de la comédie italienne, leurs masques respectifs, mais aussi la transmission du conte qui dissocie le verbe et le jeu. Le tout se joue sur un plateau noir, qu’habitent six box mobiles, tendus de toiles rétractables (Anne Guilleray). Boîtes à surprises, castelets, leur alignement ou leurs déambulations (un peu trop sollicitées) se prêtent à toute suggestion, du lit à la rue ! De part et d’autre de l’avant-scène, deux lecteurs devant leurs pupitres prêtent voix (multiples !) aux personnages en clin d’œil japonais aux conteurs de bunraki. A cette fascinante performance de Patrick Brüll et Laure Voglaire, répond une scène prise en corps par les comédiens masqués : superbe travail de Lucia Picaro qui mêle les expressions de la commedia… aux visages des porcelaines chinoises. Quant aux costumes (Renata Gorka), ils partent du noir basique à la luxuriance colorée orientale, en passant par le boléro, les bottes et le calot des lutteurs mongols (Kalaf) ou un harnachement « gothic » (Turandot en fureur) : souvent impressionnant.

Avec aussi la partition musicale de Gauthier Lisein et les lumières de Xavier Lauwers qui travaillent la nuit, la princesse Turandot de Dominique Serron stimule l’onirisme de chacun, sans doute à des degrés divers. Cette scène en perpétuel mouvement est nourrie d’une foule de références qui entrent un peu trop en collision, mais on salue l’investissement de tous.

Charleroi, Eden, jusqu’au 20 janvier, 071-31.12.12 ; Namur, Théâtre du 6 au 14 février, puis tournée en Wallonie et à Bruxelles du 5 au 20 mars, 02-223.07.64. www.infinitheatre.be

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