BD Une expo à Bruxelles : Sale mec et héros : un nommé Blueberry

Des dessins originaux, des gouaches, pinceau et plume : Giraud affiche à Bruxelles son cow-boy marginal et débraillé.

Temps de lecture: 2 min

Ces maudits yankees ne s’en relèveront pas. » On savait les cow-boys peu familiers de la bienséance. Mike Steve Donovan, alias le lieutenant Blueberry, cultive un style débraillé et un parler du terroir, c’est donc en ces termes qu’il vante les mérites de son exposition à voir au détour d’un achat à la Maison de la bande dessinée à Bruxelles.

Ici, tout est question de topographie : après avoir repéré un couloir dérobé, on pénètre un long défilé où l’on peut s’attendre à quelque embuscade. Damned ! Blueberry est partout, il nous encercle. Sa biographie, son parcours et sa vie de patachon s’étalent en noir et blanc, au pinceau et à la plume.

Ce visage pâle bien particulier se lit comme un livre ouvert. Et si l’on entre dans cet univers beaucoup plus vite qu’on en ressort, ces planches originales raviront quiconque aura la chance de les trouver si près, au coin de la rue.

Au total, pas moins d’une centaine, pour la plupart prêtées, et ayant chacune sa griffe. Entre attaques d’Indiens, charges de cavalerie, pistoleros, renégats, rien ne nous est épargné des chroniques de l’individu né sous la plume du tandem Giraud et Charlier en 1963.

Jean-Michel Charlier et Jean Giraud, alias Gir, ont fait naître Blueberry dans Pilote, mais comme un clone du Jerry Spring de Jijé, publié dans Spirou, et ce n’est qu’avec l’évolution des planches qu’on peut voir ses traits s’affirmer comme lui étant propres.

Et il a bourlingué le bougre ! Ses aventures, de ses débuts dans Fort Navajo à Arizona love, nous retracent son aventure principale. Sale mec, presque cliché du bandit de grand chemin, il cultive un côté marginal que ne lui contesterait pas Belmondo, dont on souffle qu’il serait son modèle.

Ce caractère s’affine en même temps que s’épaississent le trait et le personnage et que se précise la technique de Giraud, se démarquant de son maître Jijé. De même, les portraits, les gouaches ou les aquarelles ajoutent une profondeur et une réalité intéressante à ce western dessiné aux motifs traditionnels comme le whisky, le poker ou l’or.

Peu avant la fin et une fois sortis de ces relents de tord-boyaux, ceux qui voudraient prolonger leur voyage pourront lire cette proposition : « Nous foncerons à travers le désert, vers la frontière ; elle n’est qu’à trois jours de marche. » Il n’a que des bons plans ce sacré coyote qui devait connaître Bison Futé !

Maison de la bande dessinée, boulevard de l’Impératrice 1, 1000 Bruxelles. Jusqu’au 14 juin 2009. De 1 à 2 euros.

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