A la recherche de compagnies

Longtemps surnommée « la fille de chez Nonna », en référence à la sandwicherie que tenait sa mère au centre de Jodoigne, Catherine Picalausa est désormais davantage connue à travers son activité de comédienne. Une profession qui vient d’ailleurs de lui valoir un mérite culturel de la Ville.

« Cette récompense m’a enchantée, avoue l’intéressée, 26 ans. Ça m’a fait plaisir, c’est charmant et adorable d’avoir pensé à moi alors que je n’ai vécu à Jodoigne que durant quatre années. Autant dire que j’ai été surprise quand j’ai appris que j’avais été choisie. »

Catherine Picalausa peut pourtant se targuer d’un passé dans la cité de la Gadale : les primaires à la Providence, les secondaires à l’Institut Saint-Albert. Elle usait d’ailleurs encore ses fonds de culottes à l’ISA lorsqu’elle découvrit les planches.

« Une amie qui avait entendu parler de la troupe m’a emmenée voir une répétition du jeune Théâtre d’Appoint (JTA) à Orp-le-Grand, se souvient la Jauchoise d’origine. J’avais 16 ans et très envie d’essayer les arts dramatiques. Ma première visite m’a plu, je suis restée dans le groupe. Mon père a rapidement remarqué que j’allais émettre le désir d’en faire mon métier : il m’a donné le feu vert avant même que je ne le lui demande. Deux ans plus tard, je suis entrée à l’IAD, à Louvain-la-Neuve. Ça a ensuite été l’Insas, à Bruxelles. »

La capitale a fini par garder la comédienne, qui vit désormais à Ixelles. Non pas qu’elle ait renié la campagne qui l’a vue grandir : « Bruxelles est et reste un noyau bouillant. Il y a davantage de choses à faire, de théâtres, de compagnies, de gens à rencontrer… »

Une manière de procéder qui, pour le moment, a le mérite de fonctionner. La metteuse en scène de La guerre des boutons avec le JTA n’a pas le temps de s’ennuyer : « Je travaille principalement dans deux troupes, le Théâtre Isocèle qui œuvre dans le jeune public, et la Compagnie de la Sonnette. Mais je fais aussi du théâtre de rue dans une compagnie marseillaise et j’écris des spectacles. »

À croire que tout est facile dans ce milieu. « Loin de là, termine Catherine Picalausa. Sauf coup de chance ou tendance à jouer les lèche-bottes (ce que je veux éviter pour garder mon intégrité), il ne faut pas être pressé mais bien aller dans les théâtres, trouver des personnes intéressées par ce qu’on leur propose… Un chemin parfois difficile. »