Deux étoiles montantes au Purgatoire

entretien

L’une a grandi à Lillois et a étudié au Collège Cardinal Mercier à Braine-l’Alleud, l’autre a passé son enfance à Orp-Jauche, où elle a appris l’abc de la comédie avec le Théâtre d’Appoint. Aujourd’hui, Catherine Decrolier (32 ans) et Julie Duroisin (29 ans) ne quittent plus le haut de l’affiche à Bruxelles. Le public pourra les (re)découvrir dès ce mercredi avec la reprise de « Purgatoire », l’irrésistible pièce de Dominique Bréda qui sera jouée jusqu’au 23 février au Théâtre de la Toison d’Or. Rencontre avec deux jeunes femmes qui enchaînent les rôles comiques et qui se sont rencontrées lors de l’opération « Scènes à deux », en Brabant wallon.

Voici quelques années, Stéphanie Blanchoud, qui cumule avec succès théâtre, chant et écriture, nous avait dit que c’est « Scènes à deux » qui a fait éclore sa passion pour le théâtre. Est-ce votre cas également ?

Julie Duroisin. Mon envie est d’abord venue en voyant jouer ma maman et mes deux grandes sœurs au Théâtre d’Appoint. Je me souviens avoir scié le metteur en scène pour qu’il me donne un petit rôle. Je n’étais encore qu’une gamine mais j’ai pu jouer avec les grands…

Catherine Decrolier. L’appel du théâtre m’est venu dès la fin de mes études primaires. J’ai ensuite suivi des cours de déclamation à l’académie de Nivelles. Mais « Scènes à deux » m’a confortée dans cette voie, c’est sûr.

Vous avez toutes les deux remporté ce concours, non ?

C.D. Oui, je l’ai remporté avec Joséphine de Renesse, qui fait également une carrière de comédienne. Je crois que c’était en 1997, lors de ma première participation.

J.D. (à Catherine). Et moi, je t’ai succédé au palmarès l’année suivante. Je faisais équipe avec Chloé Sambon.

Le Conservatoire de Bruxelles avec un premier prix, ce fut une formalité ?

C.D. Sauf qu’auparavant j’avais été refusée à l’IAD. J’ai donc fait des études d’institutrice, avant de revenir vers le théâtre. La passion était trop forte !

J.D. Moi, j’étais moins à l’aise dans les cours théoriques, comme histoire de la littérature et analyse littéraire. Il paraît aussi que j’avais un accent du terroir (rires).

Comment avez-vous fait pour vous faire remarquer une fois votre diplôme en main, parmi tant de jeunes filles également à la recherche d’un premier rôle ?

J.D. J’ai travaillé comme ouvreuse et j’ai servi au bar du Théâtre de la Toison d’Or. Ainsi, je voyais les spectacles gratis tout en ayant un pied dans la maison. Puis, grâce à Alexis Goslain, qui est devenu mon compagnon, je suis entrée au café-théâtre du TTO.

C.D. Moi, c’est au Théâtre des Martyrs que j’ai distribué les programmes. Mais c’est avec un texte de Stéphanie Blanchoud et dans une mise en scène de Patricia Dacosse que j’ai débuté en 2003 à la Samaritaine. Les grands théâtres comme le Parc, les Galeries ou le Jean Vilar sont venus après, au fil des rencontres. Je dois beaucoup à Stéphanie, à Martine Willequet, à Emmanuelle Mathieu…

… et à Dominique Bréda ! Depuis quelques années, vous ne vous quittez plus : « Les dernières volontés », « Le groupe », « Emma », « Hostiles »…

J.D. Dominique, c’est mon beau-frère. Avec lui, on forme une joyeuse bande. « Purgatoire » est d’ailleurs une commande que nous lui avons faite. Et, depuis 2009, le succès n’arrête pas.

Vos projets pour 2013 ?

J.D. Je vais reprendre « Délivre-nous du mal », une pièce mise en scène par Catherine. Puis je partirai en tournée en France et en Suisse avec « Emma », En été, je serai avec des créations au Festival de Spa et aux Rencontres du Jeune Théâtre à Huy.

C.D. (tâtant son ventre) Je prépare un nouveau rôle pas facile : celui de maman !