Accueil

Le retour du loup indubitable, à une crotte près

Temps de lecture: 3 min

Loup, pas loup ? La satanée crotte qui aurait pu répondre à cette question et trancher définitivement entre les sceptiques et les enthousiastes n’a pas (encore) parlé. Car même après qu’un grand canidé eut été photographié par la VRT, en juillet 2011 près de Gedinne, et reconnu fort et clair par un spécialiste français, un doute continue à planer. Recueilli en mars 2012, à 5 km à vol d’oiseau du premier signalement, l’indice aurait donc pu confirmer sans discussion possible qu’un loup est venu pointer sa truffe sur le territoire belge.

Fragmenté et tortueux

Que les experts ès étrons sachent que celui-ci est « fragmenté et tortueux », est long de plus de 20 cm, a un diamètre de 2,5 à 3 cm et est « constitué de poils et de quelques fragments d’os ». C’est cette dernière caractéristique qui a surtout passionné les spécialistes. Car si canis lupus excrète habituellement comme un vulgaire cabot, il se permet de temps à autre une déjection plus singulière. « C’est un modèle qui lui est propre, s’enthousiasme Bernard De Wetter, naturaliste et conférencier lupologue. Cinquante à soixante pour cent de poils du mammifère qu’il vient d’ingurgiter : ici, il n’y a pas l’ombre d’un doute ! ». Pas un chien ne chie de la sorte, si on nous passe l’expression. Selon les experts du réseau belge « loup-lynx » les caractéristiques de la preuve « la classent dans la catégorie « Indice possible de Loup » dans les évaluations standardisées ». Las, les analyses génétiques à l’université de Liège « ont été réalisées, malheureusement sans succès ». Le mythe de l’insaisissable animal n’a donc pas tout à fait cédé. Mais il n’y a plus qu’un fifrelin de doute. « Peu importe que le loup soit passé il y a six mois ou qu’il se

présente dans un an, dit Baudouin de Metten, membre du réseau. Il arrivera en Belgique un jour où l’autre ». Les arguments, selon Bernard De Wetter : « En 150 ans, la superficie forestière a doublé en Wallonie, le gibier est beaucoup plus abondant, l’animal est protégé et l’opinion y est favorable ». Farouche, futé et fantomatique, le loup a parfaitement appris à vivre à proximité de l’homme. Et sa capacité à parcourir d’immenses distances et de franchir les obstacles (tunnels, autoroutes…) lui permet d’aller et venir à sa guise. Le spécimen belge pourrait venir du nord des Vosges où il est présent depuis 2011 et en couple depuis 2012. « Ce n’est donc pas l’atterrissage d’une soucoupe volante, poursuit De Wetter. C’est logique, prévisible, qu’il arrive ici ». Même si la Wallonie n’est pas les alpages français qui regorgent de moutons, il faut se préparer, disent en chœur les connaisseurs. En Flandre, l’ASBL Landschap a même créé le site www.welkomwolf.be pour diffuser un maximum d’informations et aider ceux qui verraient le bout de sa queue. « La question de la cohabitation va immanquablement se poser, avertit de Metten. Nous avons la chance d’être le dernier pays que le loup va coloniser. Préparons-nous. Et

évitons de commettre les erreurs de pays qui nous ont précédés. »

Informer, conscientiser : du 28 février au 30 mars Bernard De Wetter donnera partout des conférences partout en Belgique. contact@guidesoffice.eu

0498.04.30.68

Le fil info

La Une Tous

Voir tout le Fil info
La Une Le fil info Partager

Allez au-delà de l'actualité

Découvrez tous les changements

Découvrir

À la Une