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Eternit: peine durcie en appel au procès de l’amiante à Turin

Temps de lecture: 2 min

Un entrepreneur suisse a été condamné à 18 ans de prison lundi à Turin pour avoir provoqué la mort de près de 3.000 personnes, ouvriers ou riverains d’usines d’amiante d’Eternit en Italie, dans le plus grand procès au monde et premier au pénal sur la fibre tueuse.

La cour d’appel de Turin a durci la peine de 16 ans de prison à laquelle M. Stephan Schmidheiny, ancien propriétaire d’Eternit Suisse et ancien actionnaire important d’Eternit Italie (de 1976 à 1986), avait été condamné en février 2012 en première instance, aux côtés du baron belge Louis de Cartier de Marchienne, ancien actionnaire et administrateur d’Eternit Italie au début des années 70.

M. Schmidheiny a été condamné pour «catastrophe sanitaire et environnementale intentionnelle» et infraction aux règles de la sécurité au travail dans les usines de produits à base d’amiante-ciment (tubes, plaques, etc.). La cour d’appel a en revanche abandonné les poursuites contre le baron Cartier, décédé le 21 mai à l’âge de 92 ans.

A la mi-mai, le parquet avait requis 20 ans de réclusion à l’encontre des deux anciens propriétaires d’Eternit Italie, en dénonçant «des carences structurelles résultant de politiques d’entreprises décidées au niveau mondial».

Conduite irresponsableet criminelle

Le verdict de Turin «encourage la bataille des victimes des familles et des personnes honnêtes pour un monde meilleur sans amiante et sans cette soif des profits qui a conduit à sacrifier des vies humaines», a commenté l’Observatoire national de l’amiante, en annonçant qu’il continuerait d’essayer d’obtenir gain de cause pour «toutes les autres victimes tombées à cause des usines d’Eternit».

M. Schmidheiny, absent au procès, a été jugé coupable aussi bien pour les établissements d’Eternit à Casale Monferrato qu’à ceux de Bagnoli (près de Naples) et Rubiera, près de Reggio Emilia. La conduite des dirigeants «a été non seulement irresponsable mais vraiment criminelle, des informations de base n’ont pas été données aux ouvriers, comme le fait que l’amiante est cancérigène», a dénoncé sur la chaîne Sky TG 24 Nicola Pondrano, de l’Association des victimes de l’amiante.

Selon lui, Eternit «a aussi laissé se consommer un vrai massacre dans des villes comme Casale Monferrato où 1.000 ouvriers et 800 habitants sont morts en partie aussi à cause de la dispersion des fibres et poussières».

Pendant le procès, les avocats de l’industriel suisse et du baron belge avaient argué que les deux hommes n’avaient pas de responsabilité directe dans la gestion d’Eternit Italie qui avait fait faillite en 1986, six ans avant l’interdiction de l’amiante dans la péninsule.

Mais pour le procureur Raffaele Guariniello qui a enquêté cinq ans avant d’arriver au procès de Turin, leur condamnation a donné «à tous en Italie et dans le monde entier, le droit de rêver que la justice peut et doit être faite». (afp)

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