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Lady Di reste l’idole des Anglais

, décédée à 36 ans dans un accident de voiture à Paris en 1997,

a gardé une place à part outre-Manche. Ce dont profitent ses enfants.

Temps de lecture: 4 min

Londres

Seize ans après sa mort tragique dans le tunnel sous le pont parisien de l’Alma, Lady Di n’a pas été oubliée des Anglais. Ses deux mémoriaux londoniens, installés l’un dans Hyde Park, l’autre à Harrod’s, l’ancien magasin du père de Dodi al-Fayed, son amant de l’époque décédé avec elle, reçoivent la visite constante d’admirateurs. Son effigie sur cartes postales, sur napperons ou sur tasses à thé couvre toujours les devantures des échoppes pour touristes.

Preuve de son attrait toujours vivace, la diffusion il y a deux ans au festival de Cannes du documentaire Meurtre illégal de l’Anglais Keith Allen, père de la chanteuse Lily, avait provoqué la stupeur des Britanniques. Le réalisateur affirmait exposer «la conspiration organisée (…) de manière collective par l’élite britannique, juges, avocats, politiciens, chefs de la police, services secrets et même directeurs de journaux». Si bien que ses avocats avaient demandé quatre-vingt-sept coupes pour accepter sa distribution au Royaume-Uni, qui n’eut évidemment jamais lieu. Contrairement au film Diana d’Oliver Hirschbiegel, qui sort cette semaine sur les écrans, et dont le rôle est joué par l’Australienne Naomi Watts.

Le maintien de cet intérêt si particulier s’explique aisément: si la reine provoque l’admiration de ses sujets, Diana avait engendré une véritable ferveur auprès des Britanniques. Avec ses manières candides, son air ingénu, elle avait donné un véritable coup de fouet à une monarchie vieillissante et de plus en plus déconnectée de la population.

«Elle était fraîche, elle donnait l’impression de vouloir vivre alors que la famille royale semblait endormie et totalement racornie, s’amuse Christine, 63 ans. La famille royale n’avait rien de bien excitant, elle a apporté ses manières moins guindées, même si elle venait d’une famille très éduquée.»

Pour Claire, 35 ans, c’est surtout «son implication en faveur d’organisations caritatives qui l’a fait aimer. Pour la première fois, la famille royale paraissait utile et intéressée par autre chose que son nombril. Et elle a apporté de la fierté aux Anglais, tout en leur donnant bonne conscience: enfin un des leurs s’intéressait aux pauvres des anciennes colonies, délaissées après avoir été asséchées par l’empire

Cette image positive a directement bénéficié à ses deux fils. William et Harry ne doivent ainsi leur popularité actuelle qu’à leur quasi-adoption au moment de sa mort le 31 août 1997 – ils avaient alors 15 et 12 ans – par des Anglais outrés par le comportement considéré comme méprisable de leur père. Chose exceptionnelle, la reine n’avait alors pas non plus évité les critiques, se faisant taxer d’extrême froideur.

Aujourd’hui encore, les frasques du cadet Harry, photographié nu l’an dernier après avoir joué à une partie de strip-billard à Las Vegas et dont la chambre où il se trouvait aurait été remplie de cocaïne, n’ont pas assombri son image auprès de la population ou celle de sa mère, toujours largement pure.

Le mariage de William a pourtant apporté une nouvelle donne à la situation actuelle. La femme de sa vie n’est désormais plus sa mère mais son épouse Kate; les médias se demandent donc si cette dernière pourrait prendre la place laissée vide par Lady Di. Les articles comparatifs entre les deux femmes se multiplient: leurs tenues vestimentaires, leur attitude en public, leur amabilité, tout est étudié à la loupe.

Et il paraît d’ailleurs certain que le comportement de celle qui est aujourd’hui devenue la duchesse de Cambridge, tout sourire aux réunions officielles, parlant de manière très décontractée à la foule, est directement inspirée du comportement de sa mythique belle-mère. D’où la relative appréciation du public pour la nouvelle venue dans la famille royale.

Cet avis très positif n’est pourtant pas partagé par tous. Andy Morton, un jeune Ecossais vivant à Londres, «déteste» ainsi une Diana qu’il qualifie avant tout de «grande manipulatrice». «Elle a usé des médias pour parvenir à tirer profit de son mariage en pleine déconfiture et apparaître comme la gentille victime de cette épreuve, estime-t-il. Elle a ainsi pu se créer l’image de princesse du peuple mais, sérieusement, avait-elle le moindre intérêt pour tous ces enfants pauvres dont elle disait se soucier alors qu’elle vivait avec un milliardaire

Un point de vue que goûte probablement la famille royale, qui pour les quinze ans de sa disparition l’année dernière n’a organisé ni festivité ni concert à Wembley comme cinq ans plus tôt. Peut-être estime-t-elle ne plus avoir besoin de se reposer sur Diana pour préserver l’estime des Anglais grâce au succès de ses opérations de charme menées par la reine transformée au cours de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques en James Bond girl et son petit-fils William, devenu jeune marié puis père modèle?

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