La création d’entreprises recule en Wallonie

Chute de plus de 11 % de la création d’entreprises en Wallonie au 1er semestre 2014. A Bruxelles, c’est le statu quo. La crise n’explique pas tout.

Journaliste au service Politique Temps de lecture: 3 min

Pour le redressement wallon, on repassera ! Les chiffres que s’apprête à diffuser le cabinet d’études économiques Graydon ce lundi, sont alarmants. Du moins pour le sud du pays. Le nombre d’entreprises créées au cours du premier semestre 2014 est en net recul en Wallonie : 9.859 start-ups sont nées au cours des six premiers mois de l’année, soit 11,2 % de moins qu’au même semestre de 2013.

Les résultats wallons contrastent avec ceux enregistrés en Flandre où 20.248 PME ont démarré entre janvier et juin de cette année. Une progression de 425 unités et de 2,14 % par rapport à 2013. Les chiffres wallons en berne viennent freiner les résultats de la Belgique : à l’échelle du pays, les 36.882 entreprises créées au semestre écoulé constituent un recul de 2,91 %. Bruxelles, elle, se situe à mi-chemin statistique entre la Wallonie et la Flandre : avec 5.531 créations, l’entreprenariat y est resté relativement stable (+0,31 %).

Zoomer sur la réalité wallonne renforce encore l’inquiétude : si l’on excepte le Brabant wallon, le recul de l’entreprenariat est généralisé sur les terres sudistes. C’est en province de Liège qu’il est le plus marqué : l’arrondissement affiche un recul de 20,6 % et celui de Verviers présente le plus mauvais bilan du pays, avec – 25 %. Le recul montre clairement une baisse de l’activité économique dans le vieux sillon industriel. Mais pas uniquement : Tournai (-15,2 %), Marche (-11 %) et Namur (-10 %) ne sont pas épargnées. « Les bénéfices du Plan Marshall se font attendre », constate la société d’informations commerciales.

Plusieurs raisons pourraient expliquer cette Belgique à deux vitesses, selon Filip Hendrickx, analyste auteur de l’étude. « Il y a actuellement une tendance positive avec la diminution du nombre de faillites et l’amélioration des délais de paiement mais cela n’influe pas encore sur la perception des entrepreneurs, surtout en Wallonie », commente-t-il. Il pointe également la frilosité des institutions financières à soutenir les projets des candidats entrepreneurs.

Une amélioration… au nord

A ces éléments conjoncturels, Filip Hendrickx ajoute une explication plus structurelle des tendances opposées constatées au nord et au sud du pays. « D’une manière générale, quand il y a une tendance positive ou négative, elle se marque d’abord en Flandre, constate-t-il. Peut-être parce qu’il y a plus d’activités de services au nord, alors qu’en Wallonie, beaucoup de sociétés travaillent encore dans le secteur industriel. Dès lors, la reconversion est moins évidente ». Enfin, le climat économique, plus serein en région flamande, expliquerait la plus grande confiance en soi des futurs indépendants. « En Wallonie, le sentiment de peur reste prégnant et explique pourquoi on hésite à se lancer. »

Et Bruxelles ? « Comme toujours, elle se situe entre ces deux extrêmes, relève-t-il. Il ne s’y est pas créé beaucoup de sociétés mais la situation y est beaucoup plus stable. »

En mai, le ressac belge se situait encore à 3,50 %. Puis en juin, la situation s’est quelque peu améliorée. A l’échelle du pays, 3.973 start-ups ont été enregistrées, contre 3.885 en juin 2013. « Mais cette amélioration ne concerne que la Flandre, nuance l’expert du Graydon. En Wallonie par contre, la tendance est restée négative. Et cela semble se confirmer actuellement ».

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