Le MR se met au néerlandais

Quatre ministres libéraux sur sept suivent ou ont suivi un cours de néerlandais. Six ont un porte-parole néerlandophone. Mais la presse flamande ne réclame guère leurs interviews, sauf Charles Michel et Didier Reynders.

Cheffe adjointe du service Politique Temps de lecture: 3 min

Nous l’avons dévoilé dans nos éditions de mercredi : tous les ministres fédéraux N-VA prennent des cours de français et ont engagé un porte-parole francophone (ou bilingue dans un cas sur cinq). Objectif : pouvoir s’adresser aux citoyens francophones et communiquer via la presse du sud du pays, puisqu’ils sont désormais responsables de matières fédérales concernant tous les Belges.

Mais au fond : qu’en est-il des sept ministres MR, seuls représentants francophones du gouvernement Michel ? Nous avons fait le tour de ces sept cabinets. Le constat tient en cinq points.

1 – La moitié des ministres bleus suivent des cours de néerlandais : trois le font actuellement ; une (Marie-Christine Marghem) a suivi des cours, puis les a interrompus ; et trois n’en suivent pas : le Premier ministre Michel et le vice-Premier Reynders qui, bons bilingues, n’en ont pas besoin ; et Hervé Jamar. Ce n’est pas Charles Michel qui a imposé à ses ministres de suivre des cours, même s’il insiste sur l’importance du bilinguisme.

2 – Six ministres MR ont engagé un porte-parole néerlandophone : seul Willy Borsus n’en a pas, n’ayant qu’une porte-parole francophone suffisamment bilingue… et pas trop sollicitée par la presse du Nord. Daniel Bacquelaine aussi n’a qu’un porte-parole, mais il est néerlandophone. Les cinq autres ont deux ou trois porte-parole : un « N » et un ou deux « F ».

3 – Les cinq nouveaux ministres (Hervé Jamar a déjà été secrétaire d’Etat) ont avant tout une connaissance passive du néerlandais : ils le comprennent mais ne le parlent pas forcément, ou pas de façon fluide. Marie-Christine Marghem et Hervé Jamar se débrouillent ; Daniel Bacquelaine, Jacqueline Galant et Willy Borsus sont moins, ou beaucoup moins efficients.

4 – Si les ministres MR font l’effort d’améliorer leur connaissance de la langue de Vondel, la presse flamande n’est pas forcément intéressée à les interroger longuement : la moitié des ministres bleus (trois sur sept, Jamar, Borsus, Galant) n’ont pas encore reçu de demande de véritable interview de la part de médias flamands – au-delà de questions ponctuelles liées à l’actualité dans leurs matières.

Deux autres ministres (Marghem et Bacquelaine) ont déjà accordé des entretiens à la presse écrite flamande, mais n’ont jamais été invités en radio ou en télé. Seuls Michel et Reynders sont sollicités par tous les types de médias néerlandophones.

Cinq ministres libéraux sur sept ne se sont donc pas encore livrés à l’exercice d’une vraie interview radio ou télé en flamand, faute de demande.

5 – Plusieurs cabinets nous le disent : les questions posées par les médias flamands diffèrent largement de celles des francophones. Les centres d’intérêt ne seraient donc pas les mêmes. Les dossiers concrets, comme l’énergie, les pensions ou l’agriculture, suscitent un certain intérêt de nos confrères qui n’interrogent par contre guère les ministres MR (à l’exception du Premier et du vice-Premier) de manière plus « macro » politique. L’un ou l’autre ministre a aussi été approché pour un portrait.

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