Etienne de Callataÿ (Orcadia): «Nous n’encouragerons pas la spéculation»

Etienne de Callataÿ lance une société de private banking – Orcadia – avec trois de ses anciens collègues de la Banque Degroof.

Quel sera votre créneau pour vous démarquer dans un secteur pour le moins concurrentiel ?

Nous proposerons à la clientèle privée et à des institutions – comme des ASBL, des fondations, des congrégations religieuses – des services de gestion de patrimoine basés sur une approche responsable, durable. D’ailleurs, le nom d’Orcadia réfère aux îles Orcade qui se situent dans le Nord de l’Ecosse, qui sont des îles qui produisent plus d’énergie renouvelable qu’elles ne consomment d’énergie. Plus globalement, on ne veut être ni ‘bobo’ ni ‘marketing facile’ mais nous avons des convictions, une approche sociétale de l’investissement.

C’est-à-dire ?

Notre fournisseur principal sera le leader mondial MSCI, mais au-delà de la sélection d’actifs sur la base de critères financiers, nous examinerons aussi les critères environnementaux, sociétaux, de gouvernance. Ce ne sera naturellement pas parfait mais nous n’encouragerons pas, par exemple, la spéculation financière en prêtant des titres à ceux qui veulent spéculer – ce qu’on appelle dans le jargon le short. Nous voulons également une transparence totale sur ce que les gens paient. Les transactions se feront à prix coûtant, quel que soit le nombre d’arbitrages. Enfin, nous avons au sein de notre société une approche partagée de la culture d’entreprise, plus partenariale. C’est d’ailleurs ce qui m’a amené à partir de la Banque dans laquelle je me suis épanoui une bonne part de ma carrière. Je leur souhaite bon vent mais la nouvelle culture managériale, moins dans l’implication et plus du tout dans le partenariat, ne me convenait pas. Je suis certain qu’on peut être un acteur de petite taille, logé dans des bureaux « modestes » et passifs, et assurer notre développement en respectant ces valeurs sociétales, tout en étant 0,1 ou 0,2 % moins cher que les acteurs auxquels on penserait nous comparer…

Pourquoi avoir choisi le Luxembourg ?

Parce que le Luxembourg est un centre d’expertise et de savoir-faire très riche. Il n’y a plus aucun intérêt pour un Belge à y venir pour des raisons fiscales, et le fait que la place luxembourgeoise offre un tel panel de sous-traitants (dans les domaines juridique, informatique, etc.) la rend techniquement et financièrement plus intéressante pour nous. Bruxelles est devenu un nain de la gestion.

Chaque samedi, un entrepreneur se livre au Soir lors d’un entretien vidéo. On y parle aussi bien des projets de sa société, du secteur où il opère, que de son parcours personnel.

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