« La mélodie, c’est très important,

c’est capital pour nous »

entretien

Eve Beuvens a d’abord voulu jouer de la contrebasse. Un peu grand, un peu lourd sans doute. Elle s’est ensuite tournée vers le piano. Et elle a eu bien raison. C’est aujourd’hui une de nos meilleures pianistes de jazz. Beaucoup de volonté, du lyrisme, une dose de romantisme, une très belle musicalité et un sourire constant. Une pincée de nostalgie aussi, qui se retrouve dans son très beau premier album Noordzee, en 2009. Et un sens de l’exploration musicale, qui se concrétise dans Heptatomic, le groupe qu’elle a créé en 2013 pour le Gaume Jazz, avec Laurent Blondiau, Manolo Cabras, son frère Lionel et d’autres. Elle joue aussi dans les Sidewinders et avec le sax polonais Cesariusz Gadzina. Et avec Mikael Godée. Avec qui elle grave un premier CD, MEQ, en 2012. Voilà le second album avec Mikael Godée et ses complices suédois : Looking forward.

Comment avez-vous rencontré Mikael Godée ?

Via un flyer de la Jazz Station. Mikael était en Belgique, il a vu ce flyer traîner au sujet du Jazz Tour pour la sortie de mon CD en 2009. Il m’a contactée par Myspace.

Depuis cette rencontre, vous jouez ensemble. Qu’est-ce qui vous a plu au point de vouloir jouer avec lui ?

Avec lui, j’ai découvert ce qu’est l’amitié musicale : on ne se pose pas beaucoup de questions, on ne doit pas discuter plein de choses, celles-ci se mettent naturellement en place et les choix musicaux se font très vite. Et puis, j’ai toujours été attirée par le jazz nordique. Cette tradition, ce son m’ont toujours plu.

Qu’est-ce qui vous attire dans ce jazz ?

L’espace, le fait de laisser le temps aux thèmes de se développer, une forme de lyrisme surtout.

Comme si on sentait à travers la musique, les forêts, les lacs, la neige ?

C’est un peu cliché, mais c’est ça en effet.

Votre premier album avec Mikael date de 2012, le second paraît en 2019. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps ?

On a joué régulièrement ensemble, on s’est donné un rythme de croisière. On a pris le temps de faire évoluer la musique. Et puis on a senti la nécessité de l’étape suivante.

Qu’y a-t-il de changé entre les deux albums ?

Le groupe est plus soudé, il y a beaucoup plus de prises de risque. Au niveau des compositions, le travail est plus abouti, elles sont plus fignolées. Le fait qu’on joue beaucoup en tournée, une par an en Belgique, une autre en Suède, fait que la musique progresse plus vite et plus intensément.

Votre jazz est très coloré et toujours basé sur des mélodies accrocheuses.

La mélodie, c’est très important, c’est capital. On fait en sorte que les compos aient chacune une identité forte mais qu’on puisse effectivement chantonner la mélodie une fois le morceau terminé.

Vous êtes en tournée à partir de février, en Belgique. C’est excitant ?

On va jouer 14 fois sur 17 jours : c’est donc très excitant. On a ses habitudes, on a notre zone de confort mais il faudra explorer d’autres territoires.

L’album s’appelle  « Looking Forward » : l’aventure n’est donc pas finie.

Ah non ! Certainement pas.

L’illustration de la pochette montre cependant que vous allez vers le brouillard.

Mais le brouillard, c’est le mystère et ça se lève. C’est pour cela qu’il faut aller de l’avant.

L’album sort le 25 janvier. La tournée débute le 1er février au Centre culturel d’Ans. Agenda de la tournée sur www.evebeuvens.com

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