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Voyage au bout

des nuits de Goya

Stéphane Lambert scrute et interroge les célèbres « peintures noires »

du maître espagnol.

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Journaliste au service Culture Temps de lecture: 2 min

Vous qui entrez ici, aurait dit Dante en passant la porte de l’enfer, abandonnez toute espérance. Nous ne sommes pas à Florence, pas au Moyen-Âge. Nous sommes à Madrid, au début du dix-neuvième siècle. Au moment de s’attaquer à ce qui deviendra ses « peintures noires », Goya est un vieux monsieur. Une légende, aussi, à qui Charles IV fait régulièrement appel, pour de nombreux portraits de famille. On lui doit notamment, parmi moult chefs-d’œuvre, le sublime Fusillé du 3 mai 1808, contribution à la résistance des Madrilènes contre l’armée napoléonienne, ou L’enterrement de la sardine, scène populaire, breughélienne en son esprit, toute en allégresse et en effroi.

C’est au crépuscule de sa vie que Goya va livrer ses œuvres les plus bouleversantes. Les plus sombres, aussi. On n’y entre pas impunément. C’est une expérience à vivre. C’est aussi un choc, et une émotion intense, pour qui part à leur découverte, au Prado.

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