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Dans un spectacle, il se «moquait» des trisomiques. Des parents le poursuivent devant le tribunal Timsit ne revendique pas ses propos

Temps de lecture: 3 min

Dans un spectacle, il se «moquait» des trisomiques. Des parents le poursuivent devant le tribunal Timsit ne revendique pas ses propos

L'acteur et humoriste Patrick Timsit sera jugé pour des propos estimés blessants envers les mongoliens. Il s'en défend.

PARIS

De notre correspondant

particulier

Ce mercredi midi, Patrick Timsit comparaît devant un tribunal parisien, sur plainte de parents de trisomiques. En 1992, dans un spectacle, Timsit - ou plutôt son personnage - les avait comparés à des crevettes roses: Tout est bon, sauf la tête. A la veille de ce procès étonnant, l'acteur et humoriste a accepté de nous en parler. Même si tout cela lui paraît invraisemblable.

*Il y a deux ans, j'ai été convoqué au commissariat. Je me suis retrouvé à devoir justifier une phrase sortie d'un sketch. J'ai donc expliqué le sketch: un chirurgien pourvu d'une mentalité de garagiste, qui parle de ses patients comme de voitures, soit des propos immondes dans la bouche d'un personnage immonde. Je ne revendique donc absolument pas ces propos: ils furent dits par quelqu'un d'autre que moi.

D'habitude, je reçois plutôt des compliments pour ce que j'ai pu dire dans un spectacle ou un film. Dans un sketch qui s'appelait «Ils sont partout», je m'en prenais aux extrémismes religieux, j'ai même reçu les compliments de Yasser Arafat! Dans le cas présent, je me retrouve devant un mur d'incompréhension, face à des gens qui souffrent - et je le comprends - mais qui ne veulent pas entendre.

*Comment avez-vous réagi à cette plainte? Vous avez trouvé ça triste, affligeant? Drôle?

*Drôle, certainement pas. Mon but n'a jamais été de faire souffrir des gens qui souffrent déjà. C'est impossible. J'ai déjà voulu m'expliquer, en vain. Maintenant j'attends ce procès. J'y serai pour entendre et pour m'exprimer. Mais c'est ce qui arrive de plus triste lorsque vous faites un film ou un sketch: devoir se justifier pour des propos mal compris. Quand Fernand Raynaud dit: «Dehors les étrangers», c'est évident qu'il dit en réalité le contraire.

*Vous êtes confiant quant à l'issue de ce procès?

*Je ne sais pas, je ne me suis pas posé la question. Je souhaite juste qu'on en sorte un peu plus riche, et pas d'argent uniquement, même si ce procès se résume un peu à cela. J'ai fait des excuses, je suis navré, la suite ne m'appartient plus.

*Sur la cassette vidéo reprenant le spectacle, vous avez retiré l'extrait en question?

*Oui, dès que la cassette a dû être rééditée. Pas que je me sentais merdeux, mais à quoi bon. Michel Petrucciani (célèbre pianiste, handicapé physique,qui fut la cible de Patrick Timsit, NDLR) avait eu la réaction la plus intelligente: il trouvait ça drôle mais espérait juste qu'il n'y avait pas que ça dans le spect acle. Il n'y a pas que ça.

UN AUTRE SKETCH...

*Pensez-vous que cette affaire peut avoir une influence sur votre écriture, à l'avenir?

*Je crois surtout que ça va m'inspirer un autre sketch: l'histoire d'un interprète que tout le monde assimile à son personnage. Comme si on jugeait un acteur pour avoir joué un nazi.

*Vous ne perdrez donc pas votre humour...

*L'humour naît des situations les plus dramatiques. Les sujets que j'exploite, je les puise dans la société qui m'entoure. Un médecin qui aurait l'état d'esprit d'un garagiste. Voilà le sketch.

Ce qui est drôle, c'est que je vais venir à la barre parler d'un personnage qui existe dans des milliers de cassettes vidéo mais qui n'est pas moi.

Propos recueillis par

OLIVIER VAN VAERENBERGH

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