DE L'EXIL BELGE D'UNE FIGURE DU XIXE ET DES COINCIDENCES ETONNANTES L'HOMME QUI RIT DEPUIS UN AN CHEZ HUGO

Temps de lecture: 3 min

De l'exil belge d'une figure du XIXe et des coïncidences étonnantes

«L'homme qui rit» depuis un an chez Hugo

Quand l'histoire avec un grand «H» croise l'histoire d'une famille d'artistes, au no 4 de la place des Barricades.

Cela fait tout juste un an que Louis d'Hauterives a installé sa galerie d'art au no 4 de la place des Barricades. La maison ne se distingue en rien du reste de cet ensemble architectural en arc de cercle, havre de paix situé tout à côté du bruyant boulevard Bischoffsheim et dominé par l'imposante statue d'André Vésale.

À l'exception de sa façade. Celle-ci vient tout juste d'être rénovée selon les préceptes défendus par la Fondation Roi Baudouin, qui rêve de redonner à la place son lustre et son style d'origine. L'enduit blanc cassé, fait de produits naturels selon les techniques anciennes, recouvre la pierre et lui redonne son éclat d'autrefois. Comme une bougie sur un gâteau d'anniversaire?

LES TOILES D'ARNAUD

Pour célébrer la première année d'existence de sa galerie, Louis d'Hauterives a invité son père, Arnaud, à exposer un choix d'huiles sur toile et de pastels où la femme mystérieuse, pudique ou sensuelle évolue dans une ambiance sépia (1).

Louis, peintre lui-même, a grandi dans une famille d'artistes. Sa soeur, Arielle, est styliste. Régis, son frère, est ébéniste d'art. Et sa mère, Renée, est peintre elle aussi et céramiste. C'est elle qui, en 1988, organisa l'exposition commémorant le 10e anniversaire de la mort de Jacques Brel dans la maison natale du chanteur. Et voilà qu'aujourd'hui son fils installe sa galerie d'art dans la maison qu'occupa l'écrivain français Victor Hugo lors de son exil bruxellois! Mais dans la famille d'Hauterives, on n'en est pas à une coïncidence près.

- Mon père et Victor Hugo sont nés tous les deux un 26 février, souligne Louis d'Hauterives. C'est amusant, non? J'ai décidé de baptiser la galerie «L'homme qui rit» parce que c'est ici, en 1866, que Victor Hugo commença son roman du même nom, qu'il termina en 1868.

LA COMMUNE DE PARIS

Moins connue que la demeure de la Grand-Place, sur laquelle trône une plaque commémorative, le 4 de la place des Barricades abrita pourtant quelque temps Victor Hugo et sa famille.

- C'était un véritable lieu de rencontre d'artistes, poursuit Louis d'Hauterives. Verlaine et Baudelaire y sont notamment passés. Ainsi qu'une série d'expatriés du Second Empire. Le lieu est d'ailleurs à l'origine de ce que Victor Hugo a appelé l'incident belge. En 1871, la Commune est vaincue. De nombreux communards français désirent s'exiler en Belgique. Mais le gouvernement belge refuse. Le poète proteste énergiquement dans l'«Indépendance belge» et offre l'asile à ses compatriotes au 4, place des Barricades. La nuit suivante, des étudiants de l'enseignement libre viennent briser les vitres de sa maison. Hugo va jusqu'à parler d'attentat, prétendant que la vie de sa belle-fille et de ses petits-enfants a été dangereusement menacée!

C'est au premier étage de la demeure que l'écrivain avait aménagé son bureau avec vue sur la place. Sa chambre se situait à l'arrière, une fenêtre s'ouvrant sur une petite cour.

- Pour que le passage de Victor Hugo ici ne soit plus oublié, j'ai décidé d'organiser une exposition sur ce thème, ajoute Louis d'Hauterives. Nous avons également lancé un concours avec la collaboration de la Commission française de la culture, des Académies et des écoles d'art. Les lauréats pourront exposer ici dans la galerie.

En attendant, Louis d'Hauterives, décidément amateur de coïncidences, feuillette une édition de 1862 des «Misérables». Sur la couverture, on peut y lire: «Avec une préface trouvée dans un vieux manuscrit par Louis d'Auterive»!

MARTINE DUPREZ

(1) Jusqu'au 15 mai, du mardi au samedi, de 12 à 19 heures, tél: 02/218.63.67.

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