DES PARCOURS LIEGEOIS D'ART PUBLIC DE LA THEORIE A LA PRATIQUE:VISITES GUIDEES DANS LA VILLE

Des parcours liégeois d'art public

Ville de Liège et musée en plein air du Sart Tilman invitent le Liégeois à se réapproprier le patrimoine artistique public... Richesse méconnue.

Deux guides inédits de l'art public : c'est, somme toute, la proposition de l'échevinat de l'Environnement et du musée en plein air du Sart-Tilman, qui conjuguent leurs efforts pour éditer une série de fiches sur les créations artistiques que les Liégeois côtoient quotidiennement dans les rues, les places et les parcs de la ville.

Les premiers numéros de la série viennent de sortir de presse. Ils portent sur les oeuvres du parc d'Avroy et des Terrasses (lire ci-contre), ainsi que sur les sculptures installées aux abords du boulevard du Rectorat, au Sart-Tilman.

Le souci de l'environnement, c'est aussi faire en sorte qu'une ville soit plus belle à travers ses oeuvres d'art, commente l'échevin Michel Firket (PSC). Les moyens financiers dont nous disposons ne sont guère importants, reconnaît-il, mais notre capacité de «sensibilisation» les compense !

LIÈGE, LABORATOIRE DE L'ART ?

A entendre J.-P. Duchesne, directeur scientifique de la collection, la ville de Liège et le musée en plein air du Sart-Tilman apparaissent comme de véritables laboratoires de l'art public. Tous les courants y sont représentés, dit-il, et il s'agit d'aider la population à se réapproprier cette richesse esthétique.

C'est l'objectif, précisément, des fiches co-éditées par la ville et le musée : outils didactiques, accessibles au public le plus large, conçus comme autant de parcours pédestres, dans la ville et dans le campus.

L'ensemble, à terme, constituera deux guides : l'un étant consacré à l'art de la cité (18 séries de huit fiches), l'autre constituant un catalogue exhaustif des pièces du musée du Sart-Tilman (14 séries de huit fiches). La publication de l'ensemble s'étalera sur près de deux ans, à raison de deux séries de fiches par mois (1).

R. G.

(1) Séries disponibles au prix de 100 F. Abonnements : 1.600 F pour le parcours urbain, 1.200 F pour le catalogue du musée du Sart-Tilman, ou 2.500 F pour l'ensemble (un millier de pages et 750 photographies au total). Rens. : tél. 041-21.93.61, 66.22.20.

De la théorie à la pratique :

visites guidées dans la ville

Support idéal de promenades, les fiches de l'art public seront systématiquement couplées à l'organisation de visites guidées (1). Les premières portent sur la Boverie et les Terrasses; elles sont programmées dans la soirée des mercredis 5 et 12 juin prochain. Vendredi, l'historien de l'art Pierre Henrion, coordinateur des fiches, nous en donnait un avant-goût.

Au croisement des boulevards Piercot et d'Avroy, la statue équestre de Charlemagne (Louis Jehotte, 1868) rappelle l'âge où le pays cherchait encore à affirmer son identité... Dès 1830, on assiste à une véritable «statuomanie», commente Pierre Henrion. Les artistes justifient l'essor du pays en faisant appel aux héros «nationaux», dont Charlemagne.

Autre oeuvre idéologiquement forte, au bord de l'étang (vestige du bassin du commerce) : le monument national à la Résistance, dont les deux groupes de pierre (Louis Dupont, 1955) figurent la résistance intellectuelle et la résistance armée.

De l'autre côté de l'avenue Rogier, les Terrasses présentent quatre sculptures animalières, thème en plein épanouissement vers 1880. La plus connue est «Le Dompteur de taureau» (Léon Mignon, 1881), dont la nudité choqua les Liégeois, rappelle Pierre Henrion... Son installation allait d'ailleurs susciter de vives critiques de la part de «La Gazette de Liège», qui n'y voyait qu'une «polissonnerie» !

Quatre ans plus tard, trois autres bronzes venaient compléter l'ornementation monumentale des Terrasses : «Le Boeuf au repos», du même artiste, «Gaulois domptant un cheval» d'Alphonse de Tombay, et « Cheval de halage» de Jules Halkin... Un ensemble qui joue sur l'opposition entre immobilité et mouvement, remarque Pierre Henrion, entre nature et culture, le taureau renvoyant au paisible boeuf comme le mièvre cheval sauvage renvoie à l'animal domestiqué de Halkin.

Dernière étape : les abords du pont Albert Ier, particulièrement riches en oeuvres publiques, de la statue équestre de Leplae à la tour cybernétique de Nicolas Schöffer, en passant par les allégories de Dedoyard ou les abstractions de Dutrieux.

R. G.

(1) Propositions qui viennent s'ajouter au cycle de visites guidées mensuelles du musée en plein air du Sart-Tilman (prochains rendez-vous, au départ du parking 14, à 14 h 45 : les dimanches 2 juin, 7 juillet, 4 août, 1er septembre et 6 octobre). Rens. : tél. 041-66.22.20.