DES TRACTATIONS EN MARGE DE L'ENQUETE SUR LES TUERIES DU BRABANT,BEIJER DEMENT LES REVELATIONS QU'ON LUI PRETE

Des tractations en marge de l'enquête sur les tueries du Brabant

Beijer dément les révélations qu'on lui prête

La Justice néglige-t-elle une clé importante qui lui permettrait de faire progresser l'enquête sur les tueries du Brabant ? C'est ce qu'affirme Me Pierre Chomé, avocat de l'ex-gendarme Robert Beijer, condamné en 1995 à 14 ans de prison par la cour d'assises du Brabant. Selon Me Chomé, des tractations sont menées depuis des mois avec Beijer qui serait disposé à livrer des informations importantes en échange d'une remise de peine. Mais le ministère de la Justice ne «serait pas intéressé».

Pas de commentaire, disait-on hier au ministère de la Justice. Selon Me Chomé (actuellement absent de Belgique), les informations concerneraient trois caches d'armes des tueurs ainsi que l'endroit où a été enterré le convoyeur Francis Zwarts, disparu en octobre 1982 lors du vol d'une cargaison d'or à l'aéroport de Zaventem.

Hier, par téléphone de sa prison, Robert Beijer a catégoriquement démenti ces informations : il n'a, assure-t-il, rien à révéler sur les tueries du Brabant mais il confirme avoir proposé aux enquêteurs d'échanger des informations sur des dossiers annexes. Dans ce cadre, il se dit aussi victime de la guerre des polices.

On se souvient que lors de son procès d'assises, Robert Beijer avait révélé l'existence d'une cache d'armes à Sart-Dames-Avelines : on y déterra deux pistolets-mitrailleurs volés à l'ESI (gendarmerie) au début de l'année 1982, un pistolet-mitrailleur Stech-kine et un pistolet Browning volés en mai 1985 chez l'ingénieur de la FN Juan Mendez, quelques mois avant son assassinat.

Le nom de Beijer, associé à celui de Madani Bouhouche, a souvent été cité en marge du dossier des tueries du Brabant. Accusé d'avoir géré un réseau de boxes et de flats dans lesquels des armes ont notamment été retrouvées, Beijer a toujours affirmé avoir agi dans les années '80 sur ordre d'Albert Raes, patron de la Sûreté de l'Etat, et de Christian Smets, commissaire à la Sûreté.

Voici deux semaines, le juge Jean-Claude Lacroix, qui instruit à Charleroi le dossier sur les tueries du Brabant, avait déclaré devant la commission d'enquête parlementaire « bis» sur les tueries du Brabant que l'enquête était actuellement dans une phase cruciale, qui devrait déboucher sur des conclusions indiscutables.

Aux dires de son chef d'enquête, la cellule de Jumet, chargée de faire la lumière sur les attaques sanglantes qui ont fait 28 morts entre 1982 et 1985, semble donc progresser vers la vérité. Attend-on d'autres révélations importantes de Beijer et Bouhouche ? Les deux hommes, qui purgent leurs peines, font savoir qu'ils n'ont rien à dire sur les tueries.

R. Hq.