DESASTRE AU BURUNDI, A TRAVERS UN PAYS CALCINE

Journaliste au service Monde Temps de lecture: 14 min

Désastre au Burundi

A TRAVERS UN PAYS CALCINÉ

Comment mesurer l'ampleur des dommages, humains et matériels qu'a subi, que subit encore le Burundi? Les ministres se terrent, l'armée sillonne les grands axes, protège les bâtiments administratifs, mais aucun citoyen burundais n'ose circuler librement à travers le pays, quitter la route pour gagner les collines, franchir les barrages militaires. Seuls les Européens, les membres de la coopération belge entre autres, sillonnent le pays pour distribuer nourriture et médicaments et tenter d'évaluer les dégâts. Nous avons accompagné une équipe de secours dans la province de Gitega, l'une des plus touchées.

Des forêts entières sont calcinées, de grands arbres ont été abattus à la hache, des canalisations d'eau brisées par les paysans afin de creuser de profonds fossés que les soldats appellent des «cratères».

De ce périple au coeur de la haine, de la destruction, de la mort, nous n'avons ramené que des fragments de réalité. Les voici.

- Devant cet ancien café sur la route de Buraza, où l'enseigne Disco est noircie par le feu, le silence est trompeur. Dès que l'on s'arrête, des gens surgissent de l'ombre des bananiers. Des enfants nous guident à quelques mètres de la route. Un grand trou, de la terre fraîchement remuée. Obsédante, l'odeur de la mort. Trente-sept corps ont été enfouis ici après qu'un blindé eut tiré au canon sur le Disco, rasé le village. Les paysans se sont enfuis dans la montagne et ne se rapprochent que lorsqu'ils identifient les «Blancs» qui distribuent de la nourriture...

- A Rutovu dans le Bururi, d'où sont originaires les trois avant-derniers présidents du Burundi on aperçoit - intactes - les propriétés des anciens chefs d'État. Cette province-ci, dans le sud du pays a été relativement épargnée mais à l'hôpital, les blessés sont une quarantaine. La plupart des victimes ont été blessées à la machette, à la hache. Membres brisés, crânes fracassés, poitrines défoncées. Il n'y a que huit blessés par balles. Ils n'osent pas se présenter à l'hôpital, disent médecins et infirmiers, ils ont peur d'être achevés. La Croix-Rouge a dû survoler les collines, lancer des appels par haut-parleurs pour convaincre les blessés de sortir de leur cachette. Une jeune fille vient d'arriver: il y a trois semaines qu'elle a reçu une balle dans la jambe, il faudra peut-être l'amputer. La suspicion est partout: les médecins européens qui soignent tout le monde sont accusés soit de traiter exclusivement les blessés à la machette (des Tutsis) ou les blessés par balles (des Hutus).

ASSAUT CONTRE L'HOPITAL

- La colline de Ntita s'est retranchée du monde. Des deux côtés, les ponts permettant d'accéder à la route asphaltée ont été retirés pour empêcher le passage des véhicules militaires. Des madriers ont été jetés au-dessus de la rivière. On ne passe plus qu'à pied ou à vélo. Les camions belges marqués d'une croix rouge sur fond orange déchargent au pied de la côte les sacs de farine de maïs, de riz, de patates douces. Les paysans se chargeront eux-mêmes de la distribution.

A la mission, les soeurs sont parties. L'une d'elles, une Tutsi, a été sauvée de justesse. Les autres ne se sont pas remises de l'assaut lancé contre l'hôpital par des paysans qui voulaient capturer un médecin payé par une ONG, Medicus Mundi. Ce dernier qui tentait de s'enfuir a été rattrapé, tué à la machette. Sa femme et ses trois filles ont pu s'échapper, dissimulées sous une bâche dans la camionnette des pères. Les soeurs abritaient 63 Tutsis, les paysans les ont sortis de force, 31 d'entre eux ont été tués. Le père se désole: il y a trente ans que je travaille ici et je n'ai pu calmer personne. Lorsque les paysans ont appris la mort du président, ils ont liquidé les Tutsis qu'ils gardaient jusqu'alors comme des otages.

Cinq cent soixante Tutsis ont été massacrés ici et lors des représailles de l'armée, 201 Hutus. Depuis lors, les confessions se succèdent dans la grande église de brique. Mon père, j'ai tué. Le père n'a pas voulu prêcher à la messe du dimanche, il s'est contenté de dire à ses paroissiens: Vous savez pourquoi je vous en veux. Vous êtes coupables. Les paysans ont détourné la tête et après la messe l'un d'eux a résumé le sentiment général. Les maisons des Tutsis ont brûlé et c'est bien fait. D'ici jusqu'à l'horizon, il n'y en a plus un seul, c'est nettoyé. Lors des funérailles, les pères ont sorti leur récepteur de télévision. Sans un mot, 5000 personnes ont suivi la cérémonie. Impassibles. Ce n'est que tout à la fin, lorsque le ministre des Affaires étrangères a pleuré son épouse, que les paysans ont laissé couler leurs larmes.

Sur la colline d'à côté, les gens campent. Dans cette enclave coupée du monde, les Hutus se sont rassemblés. Ils dorment sous les arbres, se cachent dans des trous creusés dans les champs que l'on appelle les «handags». Dès que les Européens arrivent, les gens se rassemblent, il en sort de partout. Les enfants sont sales, couverts de mouches, les vêtements en loques. Il n'y a pas d'eau propre pour se laver, pas de savon, rien d'autre que quelques sacs de maïs que l'on se partage. De l'autre côté de la colline, les champs attendent d'être plantés. Machette à la ceinture, houe sur l'épaule, les plus courageux ont tenté une sortie. Ils sont revenus en traînant leurs blessés: les militaires de l'autre côté de la route et de la rivière tirent sur tout ce qui bouge.

- A Gishubi, le marché central a disparu. Jadis on y vendait des nattes, de jolis paniers. Les magasins sont des carcasses noircies, des corps pourrissent derrière les étals, des chiens rôdent. Un homme, le regard fou, s'approche et crie: Je vous interdis de prendre des photos. Toute ma famille est morte ici. Un magasin de chaussures a été pillé, des hauts talons sont plantés dans la boue.

A la sortie du village, la terre d'un champ a été fraîchement remuée. Nous y dénombrons 300 monticules rouges surmontés de deux bâtons en forme de croix. Dans cette région, il y a 350 habitants au km2. Sur la route menant de Gishubi à Gitega, nous n'avons croisé âme qui vive.

- Dans l'archidiocèse de Gitega, 1.500 personnes campent dans les couloirs, les salles de classes. Personne n'ose quitter l'enceinte de l'évêché. L'odeur est atroce car les gens n'ont pas de vêtements de rechange, peu d'eau, pas de savon. La dysenterie sévit: par groupes de 1.000 personnes, on compte 5 morts par jour. Un vieil homme se vidait au milieu du couloir, on a dû le mettre sur la barza, la terrasse dit l'infirmière. Il est mort d'une pneumonie.

Nous avons perdu trois soeurs, deux pères et deux frères, dit une religieuse au beau visage lisse. Les paysans les ont tués car ils cachaient des Tutsis. Elle soupire, amère. Je ne sais ce qui leur a pris. On a déjà tué au Burundi un Premier ministre hutu en 1965, il y a déjà eu des coups d'État. Jamais les Hutus n'avaient bougé. Cette fois, ils sont devenus enragés. Ils ont sûrement été manipulés de l'extérieur.

Un homme au visage résolu nous tend une note dactylographiée. Les fugitifs de l'archidiocèse ont compté leurs morts et dénoncent les militaires. Lui, il a perdu sa femme, son frère, sa belle-soeur. Les voisins tutsis avaient appelé les militaires qui ont fusillé tout le monde. Il est seul désormais avec ses neuf enfants et les quatre orphelins laissés par son frère, son atelier de menuiserie est détruit. S'en sortira-t-il? Il regarde le ciel. Ce sera le don de Dieu.

- Dans le dispensaire de Kibimba, travaille une jeune infirmière zaïroise toute en fossettes. Comme je suis du Kivu, tout le monde a confiance en moi. Elle se souvient: Dès le 21 au matin, lorsque Radio Rwanda a parlé du coup d'État, les paysans ont rassemblé les Tutsis, les ont enfermés dans l'école et les magasins. Lorsqu'ils ont su que Ndadaye était mort, ils ont mis le feu aux bâtiments, et tout le monde a brûlé.

Au bord de la route, la station-service n'a pas été nettoyée. La Croix-Rouge burundaise refuse de s'en charger et les militaires qui veillent devant l'école envahie par des familles de réfugiés tutsis nous conseillent, nous ordonnent presque d'aller voir de plus près, de faire des photos. Nous distinguons des corps enchevêtrés, calcinés, qui s'étreignent encore dans un geste d'éternelle épouvante. Ils sont 27 ici, brûlés vifs par la foule en fureur. Il n'y avait pas d'essence dans la station service, mais les paysans avaient apporté leurs bidons de pétrole.

A l'entrée du village, la maison d'un député du Frodebu a été entièrement rasée par l'armée, tout a été pillé, emporté. La famille du député est morte, elle aussi.

Réfugiés,

déplacés,

dispersés,

disparus

Plus d'un Burundais sur six est victime des conséquences du crime politique qu'a représenté l'assassinat du président Ndadaye: les pays voisins, Tanzanie, Zaïre et surtout Rwanda accueillent près de 900.000 réfugiés, et, puisque les troubles se poursuivent, l'exode continue.

A l'intérieur du pays, le drame n'est pas moindre: à part le sud du pays, la région du Bururi, relativement épargnée, toutes les provinces ont été touchées par l'incendie de la haine ethnique. Au Burundi, où voici quelques mois on construisait la démocratie, on assurait que les clivages ethniques avaient disparu à jamais, une purification aussi cruelle, aussi implacable qu'en Bosnie divise aujourd'hui des gens qui, depuis des siècles, vivaient côte à côte.

Dès le 21 octobre, les paysans hutus se sont attaqués à leurs voisins tutsis selon une terrible logique de groupe: ils ne s'en sont pas pris à des individus, mais à des familles entières, massacrant jusqu'aux nouveaux-nés, aux femmes enceintes, considérant que tous étaient coupables du meurtre, que tous devaient disparaître... L'armée, avec parfois plusieurs jours de retard, est venue au secours des Tutsis: elle a emmené les survivants, les a rassemblés dans des écoles, des bâtiments administratifs, et les a protégés contre de nouveaux assauts. Les campagnes ayant été vidées de leurs paysans tutsis, les militaires se sont lancés dans la répression, puisqu'ils n'avaient plus en face d'eux que des Hutus. Ici aussi, c'est la logique de groupe qui a prévalu: le massacre a été indiscriminé. Les militaires ont utilisé des blindés contre des civils, incendié des maisons, liquidé, eux aussi, des familles entières. Par la suite, la répression est devenue plus sélective, plus ciblée: sont tombés des cadres du Frodebu, des administrateurs locaux, parfois accusés d'avoir poussé les paysans à la révolte, des intellectuels hutus. A plusieurs reprises, des personnalités qui tentaient des réunions de pacification ont été visées: c'est le cas du gouverneur de Kirundo, de plusieurs autres responsables dont les proches ont été assassinés le lendemain de la réunion...

A l'heure actuelle, les Tutsis sont rassemblés dans 140 camps de déplacés à travers le pays, ils sont protégés par les militaires et n'osent regagner leurs collines. Par la force des choses, il sont regroupés dans les villes, les agglomérations. Les Hutus eux, ont fui vers les pays voisins ou se sont retranchés sur les collines. On les appelle les dispersés. Craignant l'armée, ils ont coupé les ponts, les routes et bivouaquent au plus profond des campagnes. Leurs blessés, leurs malades n'osent pas se présenter dans les hôpitaux, car ils redoutent d'être mal traités par les médecins, les infirmiers qui sont souvent des Tutsis.

Quant aux morts, il est encore impossible de les dénombrer. Chacun cependant s'accorde pour dire que 100.000 est une estimation basse et que le nombre de victimes serait de 150 à 200.000 personnes, parmi lesquelles au moins 60.000 tutsis.

Mais qui en fera jamais le décompte exact?

Des tueurs aux visages d'anges

GITEGA

Grands, l'allure sportive, coiffés d'une casquette de l'Uprona, le parti d'opposition, ils sont 800 derrière les grilles du lycée de Rutovu, 800 garçons enfermés depuis six semaines. Leurs condisciples hutus se sont enfuis depuis le début. D'autres élèves tutsis les ont rejoints. Ils sourient, froidement. De quoi vous mêlez-vous? Nous n'avons besoin de rien. Pour nous parler, il vous faut l'autorisation du préfet.

Lorsque ce dernier s'approche, il explique que depuis le lendemain du coup d'État, les écoles sont fermées. Que les directeurs ont été priés de renvoyer les élèves chez eux. Mais où iraient ceux-ci? demande-t-il. Leur famille est déplacée ou a été massacrée.

Les militaires bivouaquent aux portes du lycée, mais les garçons récusent cette protection. Nous sommes nous-mêmes une force, assure un adolescent qui porte un T-shirt à l'effigie du pape et un long couteau à la ceinture.

Devant l'archidiocèse de Gitega, les garçons du collège sont plus agressifs encore. Les réfugiés de l'évêché affirment que dans les principales écoles de la ville, les élèves tutsis ont secondé les militaires: armés de lances, de bambous pointus, de fers à béton, ils ont exterminé leurs camarades hutus et tué des passants. De loin, les soldats les encourageaient.

Devant le lycée Muzinzira, les élèves jouent au ballon, lisent et sont aux aguets. Comme leurs condisciples, ils souhaitent que les cours reprennent au plus tôt. Ils affirment être sans nouvelles de leurs familles probablement massacrées et ils refusent de rentrer chez eux. Nous n'avons plus de chez nous. Derrière la rage, la morgue, l'amertume, passe aussi le désarroi de ces jeunes garçons qui craignent pour la survie de leur communauté.À demi couché sur un tronc d'arbre, le plus jeune soupire: Je voudrais revenir en arrière, retrouver mes condisciples hutus. Un «grand» lui coupe la parole et nous lance: Tout cela, c'est de votre faute, vous les Occidentaux. Cette démocratie que vous nous avez imposée, c'est un gâteau amer.

En réalité, les adolescents du lycée Muzinzira, avec leurs sourires d'archanges et leurs grands yeux durs, sont des tueurs. Le 7 novembre, suivant plusieurs témoignages, ils ont tué à mains nues des fidèles qui se rendaient à la messe. Ils ont plusieurs fois attaqué l'évêché, pillé et brûlé les maisons abandonnées. Trois représentants du ministère de l'Éducation nationale chargés de visiter les collèges de Gitega ont battu en retraite: ils ont fui la ville sans oser affronter les étudiants tutsis. Dans la capitale, le ministre de l'Éducation nationale reconnaît qu'une épreuve de force se joue dans les établissements d'enseignement: les élèves tutsis y campent, protégés par l'armée. Les Hutus n'osent y revenir. Je songe à disperser tous les élèves dans d'autres établissements à travers le pays afin de dissoudre les groupes organisés qui se transforment en milice. Les ministres les plus modérés souhaiteraient que les cours puissent reprendre en janvier en guise d'apaisement.

Mais on voit mal comment les enfants hutus en fuite sur les collines ou réfugiés au Rwanda pourront retourner à l'école de sitôt, aux côtés de leurs condisciples tutsis...

Les réfugiés: trop de morts, trop peu d'argent

SAGA 1 ET 2

L'aide humanitaire qui assiste déjà les 900.000 déplacés du Nord est rodée au Rwanda. En quelques semaines, les 350.000 réfugiés du Burundi ont été sagement alignés dans des camps bâchés de bleu. Chaque famille - de six à huit personnes minimum - occupe ce que l'on appelle ici un «blindé», une hutte de branches et de feuillage recouverte de longues feuilles de plastique, fournies par le HCR. La Croix-Rouge de Belgique chargée de l'organisation matérielle des camps, MSF qui gère les dispensaires, Caritas sont satisfaits du résultat: des latrines ont été creusées, Oxfam a fourni de l'eau potable, des tentes abritent des hôpitaux, des dispensaires. Mais la satisfaction des humanitaires s'arrête là. Car un double drame se joue du côté rwandais de cette rivière Akanyaru sur laquelle dérivèrent tant de cadavres. Le premier est d'ordre financier: les fonds manquent déjà. Le HCR avait demandé 17 millions de dollars, il en a reçu 4. Une misère. Mais là n'est pas le pire, l'argent, on en trouve, on en trouvera. Le pire, c'est que les réfugiés du Burundi s'étiolent et meurent à un rythme inquiétant. Chaque jour, pour dix mille personnes, on compte de 5 à 15 morts.

Arrivés en bonne forme physique, les montagnards du Burundi, ces paysans taiseux, réservés, habitués à vivre de manière dispersée, ne supportent pas la promiscuité, l'exil. A Saga 1 et Saga 2, qui comptent respectivement 23.000 et 18.000 réfugiés, tout est trop calme, trop ordonné... Les enfants ne jouent guère, ne crient pas. En réalité, ils chancellent sur leurs petits membres, ils fondent à vue d'oeil. Le diagnostic est unanime: la malnutrition sévère touche 5 % des enfants et bon nombre d'adultes. En cause, les rations alimentaires. Faute de moyens financiers ou craignant les détournements, le Programme alimentaire mondial a calculé des rations équivalant à 1.400 calories par jour. Mais la réalité est bien inférieure car les 350 grammes de maïs quotidien qui, avec 120 grammes de haricots, forment l'essentiel des rations ne nourrissent pas les réfugiés, ils les empêchent à peine de mourir de faim. Lent à cuire, dur à digérer, le maïs est considéré comme un aliment destiné à la volaille! Manquant de ressort moral et physiquement affaiblis, les réfugiés sont décimés par la dysenterie bacillaire qui fait rage dans les camps. En quelques heures, un enfant se vide; en deux jours, un adulte est à bout de forces. Les gens sont tellement démunis qu'ils n'ont même pas de récipient pour diluer dans l'eau les sels de réhydratation. Auprès des latrines, des citernes d'eau ont été placées et les réfugiés sont invités à se laver les mains. Mais le savon n'a encore été distribué nulle part, personne n'a de vêtements de rechange. Les enfants flottent dans des linges troués qui leur servent de chemise. Les diarrhées sont telles que les réfugiés n'arrivent pas à se traîner jusqu'aux latrines: l'infection est partout. Les Burundais sont arrivés les mains vides et ne veulent pas réaliser que leur exil pourrait durer longtemps. Chaque jour, des hommes repartent pour retouver leurs champs, leur maison; mais ceux qui reviennent relatent qu'ils ont rencontré l'armée qui a fait feu. En chemin, ils ont laissé des morts et des blessés. À Mukindo, un camp de 30.000 personnes, il y a un peu plus d'animation: des jeunes gens aux casquettes du Frodebu semblent faire régner un ordre musclé et, selon des témoins, pratiquent de l'entraînement militaire. Celui-ci serait dispensé par des soldats hutus ayant déserté l'armée du Burundi.

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