DESRUELLES REMET EN CAUSE LA PROCEDURE C'ETAIT DU PLUS PUR AMATEURISME

Desruelles remet en cause la procédure

«C'était du plus pur

amateurisme...»

Onze ans après s'être fait coincer aux championnats d'Europe en salle à Sindelfingen, où il avait été reconnu coupable d'avoir pris des anabolisants et suspendu pour dix-huit mois, Ronald Desruelles a subi le deuxième - et dernier! - contrôle positif de sa carrière lors des championnats de Belgique en salle, le 24 février dernier, au Flanders Expo Hall de Gand. À l'issue de ceux-ci, rappelons-le, le sprinter anversois, qui venait de battre Patrick Stevens en finale du 60 mètres et qui ne pouvait donc rêver de plus belle sortie, avait annoncé qu'il rangeait définitivement ses pointes.

La contre-expertise n'a pas encore eu lieu, mais Desruelles lui-même ne se fait guère d'illusions sur son résultat. Les traces d'amphétamines relevées dans ses urines apparaîtront forcément à nouveau puisque c'est forcément à partir du même échantillon que le nouveau contrôle sera effectué. Ce qu'il conteste violemment, c'est la manière dont le contrôle a été mené, qui laissait, selon lui, libre cours à une grossière erreur. Et c'est sur ce chemin que s'orientera désormais toute sa méthode de défense.

Dès le lendemain du contrôle, j'ai envoyé un recommandé à la Communauté flamande, qui avait commandité le contrôle, dans lequel j'ai dit que je n'étais pas d'accord avec la manière dont l'examen avait été effectué, précise Desruelles. En quinze ans au plus haut niveau, je n'avais jamais vu cela. Il y a une procédure précise à suivre à laquelle un athlète tient parce que même s'il est certain de n'avoir rien pris, il a toujours peur d'une erreur de manipulation qui pourrait ruiner toute sa carrière. Ici, c'était le plus pur amateurisme! Il y a trois semaines, j'ai appris que l'on avait retrouvé des traces d'amphétamines dans mes urines. Pour moi, c'est quelque chose d'impossible. J'ai immédiatemment contacté un avocat pour défendre mes droits.

Pour Desruelles, tout est donc clair: on s'est trompé d'échantillon. Il ne le dit pas encore ouvertement, sur les recommandations de son conseil, mais on sent qu'il en a gros sur le coeur quand il dit que, même s'il ne remontera plus sur une piste d'athlétisme comme il l'avait annoncé, il compte aller très loin pour tirer cette affaire au clair. Car il veut être blanchi.

Demandez à n'importe quel sprinter, dit-il encore. Les amphétamines ne servent absolument à rien sur les courtes distances et, de plus, c'est le produit le plus facilement décelable lors d'un contrôle. Or, je savais qu'il y en aurait un et que j'y passerais. Dites-moi sérieusement pour quelle raison j'aurais pris un tel risque alors que j'avais pris la décision de tout arrêter après ces championnats. Tout aurait été beaucoup plus simple si j'étais parti sans m'y soumettre...

Au siège de la Ligue flamande (VAL), on se refuse pour l'instant à tout commentaire. Tant que la contre-expertise n'a pas eu lieu, un athlète ne peut évidemment être accusé de s'être dopé. Desruelles, lui, a bien l'intention de porter l'affaire devant les tribunaux si la procédure d'appel habituelle, qu'il ne manquera pas de porter à la VAL, devait échouer. L'Anversois a pris sa retraite mais on n'a sans doute pas encore fini de parler de lui!

PHILIPPE VANDE WEYER