télésubjectif : dsk : la triste sortie d’ivan levaï

Dire qu’Ivan Levaï, auteur depuis des décennies d’une revue de presse de référence sur Europe 1 puis sur France Inter, était une personnalité admirée de toute la corporation journaliste est une évidence. Mais son dernier livre, Chronique d’une exécution, risque bien de lui valoir de solides inimitiés. Dans la semaine, sur Bel RTL, dans sa chronique Champs-Elysées, Christophe Giltay avait attiré l’attention avec véhémence sur l’ambiguïté de sa démarche. Sa comparution, puisqu’il parle de « tribunal médiatique », samedi soir dans On n’est pas couchés sur France 2, aura confirmé le décalage qui continue à exister entre l’opinion publique et la petite frange des amis et protecteurs de Dominique Strauss-Kahn. Souhaitant « historiciser l’affaire » (trois semaines après ? en écrivant un livre personnel ?), Levaï justifie son « doute raisonnable » vis-à-vis de DSK, compare celui-ci à Dominique Baudis et aux accusés d’Outreau, victimes de vraies erreurs judiciaires, affirme qu’il est blanchi (alors que c’est juste un non-lieu), parle encore toujours d’un « séducteur », au nom des relations fortes qui le lient encore à son ancienne femme Anne Sinclair. C’est à

son propos qu’avant d’épouser DSK, Anne Sinclair avait déclaré « Je n’aurais jamais pu épouser un non-juif », provoquant une réponse cinglante de Desproges qui y voyait une forme de racisme. Levaï a raté son coup avec ce livre : personne n’y a cru. Ruquier lui sort les cas de Banon et Nagy, Polony y voit une « déclaration d’amour psychanalytique à Anne Sinclair ». In fine, Levaï avoue : « J’ai perdu, vous avez gagné. » Triste sortie.