Comment sauver les abeilles

En Europe, 86 % des cultures sont dépendantes des abeilles qui assurent un rôle de pollinisateur. Or, comme on le sait, les colonies d’abeilles connaissent un effondrement sans précédent. « Chaque année, nous constatons des mortalités qui peuvent monter jusqu’à 80 % dans certains ruchers, explique Didier Brick, apiculteur et défenseur de la cause apicole au sein des Amis de la Terre. Le phénomène est mondial et constitue un indicateur de la perte de biodiversité. »

Les causes ? Raréfaction progressive des zones mellifères, utilisation intensive des produits chimiques dans l’agriculture et l’entretien des jardins, disparition des haies… « Autant de facteurs négatifs qui, lorsqu’ils s’accumulent, dépriment le système immunitaire de l’abeille et favorisent le développement de virus et parasites comme le varroa. Ce qui provoque un effondrement des colonies. Le phénomène épargne quelque peu les villes où l’usage des pesticides et autres produits phytosanitaires est moins répandu. »

Petit à petit, la résistance s’organise en région liégeoise. En partenariat avec la Province de Liège, la Fédération liégeoise des apiculteurs et les Amis de la Terre ont installé un rucher pédagogique au domaine de Wégimont. « Nous y présentons un jardin idéal pour les abeilles : pas d’utilisation de pesticides, présence d’une prairie de fleurs avec plantes mellifères comme la bourrache, le coquelicot, l’épervière et les haires d’aubépines », explique Didier Brick. Le rucher sert à la formation de nouveaux apiculteurs et le succès est déjà au rendez-vous : 34 personnes ont entamé le cycle de deux ans contre 7 l’an passé.

Les mêmes partenaires ont également installé un jardin mellifère à proximité de la ligne TGV et du verger conservatoire de Soumagne établi sur un terrain d’Infrabel. « Nous montrons tout ce que l’on peut planter pour favoriser le retour des abeilles, des prairies fleuries aux arbres fruitiers en passant par les haies et les arbres à petits fruits. Pour être en bonne santé, l’abeille a besoin d’une alimentation en pollen variée. »

Enfin, à Liège, la Ville a signé la charte Maya l’engageant notamment à réduire drastiquement l’usage de pesticides et à augmenter les surfaces mellifères. Des apiculteurs proposent aussi un parrainage de leurs ruches (lire ci-contre). « Toutes les initiatives en faveur de l’abeille sont bonnes à prendre », estime Didier Brick qui, pour ce début d’année, constate moins de perte. Le combat est pourtant loin d’être gagné.