Filippo Magnini, roi et dauphin

L'Italien Filippo Magnini, vainqueur du 100 m libre des Championnats du monde de natation, jeudi, à Montréal, est devenu le deuxième performeur de l'histoire avec un chrono de 48,12 secondes.

Roi des Mondiaux 2005, l'Italien est aussi le dauphin du maître incontesté du 100 m, le Néerlandais Pieter van Hoogenband, détenteur du record du monde (47.84), mais absent à Montréal.

Avec un meilleur temps de 48.74 à son arrivée au Canada, Magnini (23 ans), champion d'Europe en titre, a profité pleinement du travail de « son lièvre », Roland Schoeman.

Placé sur la ligne d'eau mitoyenne, le Sud-Africain, meilleur temps des demi-finales, est parti comme un boulet de canon.

A mi-course, le champion du monde du 50 m papillon pointait à 72/100 plus vite que le record du monde après 50 mètres.

Et, logiquement, Schoeman s'est fait prendre par la fatigue et a craqué dans les 25 derniers mètres (48.28) se contentant de l'argent, comme à Athènes.

Derrière Schoeman, l'Afrique du Sud a réussi à placer son deuxième nageur, Ryk Neethling, qui remporte sa deuxième médaille de bronze après celle du 200 m libre.

Je suis resté concentré sur ma nage. Quand j'ai vu que j'étais intercalé entre les deux Sud-Africains, j'ai tout donné. Je me suis rendu compte que j'avais gagné en touchant le mur. C'est un rêve, s'est esclaffé le supporteur de l'Inter Milan, hilare sur le podium.

Venu se tester sur une distance inhabituelle pour lui, l'Américain Michael Phelps a dû se contenter de la septième place (48.99), à 6/100 de son record personnel.

Et de trois pour Phelps

Mais le sextuple champion olympique s'est vite consolé en enfilant sa troisième médaille d'or de ces Mondiaux avec le 200 m 4 nages, après le 200 m libre et le relais 4 × 100 m libre.

Cette pépite était tout sauf une surprise pour celui qui était tenant du titre, détenteur du record du monde et du titre olympique.

Le total de couronnes mondiales de Phelps est dorénavant de huit et il lui reste le 100 m papillon et le relais 4 × 100 m 4 nages pour se parer encore d'or.

Incapables de lutter pour la victoire, ses rivaux se sont battus pour les accessits. Et c'est le Hongrois Laszlo Cseh qui a tiré le gros lot.

A 19 ans, Cseh, en tête à mi-course, a remporté sa deuxième médaille après le bronze sur 100 m dos en effaçant le vieux record d'Europe (1994) du Finlandais Jani Sievinen (1.58.16). La nouvelle référence continentale est de 1.57.61.

Dans le bassin de l'île Sainte-Hélène au soleil retrouvé, l'exploit chronométrique est venu de la Polonaise Odylia Jedrzejczak, qui a établi un nouveau record du monde du 200 m papillon (2.05.61) en effaçant des tablettes son chrono des Championnats d'Europe 2002 (2.05.78).

« Jedr » peut remercier sa dauphine l'Australienne Jessicah Schipper (2.05.65) qui a mené la course pendant 150 mètres en étant elle-même en avance de 23/100 sur le record du monde à 50 mètres de l'arrivée.

Derrière les deux jeunes femmes, c'est le désert, puisque la Japonaise Yuko Nakanishi termine à près de quatre secondes (2.09.40). (AFP.)