Georges Eekhoud vécut trente ans rue du Progrès

Georges Eekhoud vécut trente ans rue du Progrès

Karin Schoeters ignorait totalement, lorsqu'elle acquit dans les années 80 la maison n o 407 de la rue du Progrès, à Schaerbeek, qu'elle venait d'acheter la demeure d'un écrivain bruxellois. Et quelle ne fut pas sa stupéfaction, voici deux ans de voir, sur le pas de sa porte, un admirateur de Georges Eekhoud lui demander de visiter sa demeure tel un pèlerin qui revient aux sources.

Aujourd'hui, Karin Schoeters sait tout sur sa maison et en est fière. Elle a lu le livre de Joël Goffin sur les écrivains belges et a donc accepté avec joie la pose, sur la façade, d'une plaque commémorative rappelant que l'écrivain Georges Eekhoud (1854-1927) vécut là durant ses trente dernières années. Une petite cérémonie a suivi la pose de la plaque, agrémentée de lecture de textes par la comédienne Marie-Claire Beyer.

Qui était Georges Eekhoud? Un parfum de scandale entoure la vie de cet écrivain rebelle qui, s'il n'eut pas la notoriété d'un Emile Verhaeren, défraya la chronique bruxelloise. Avec le recul, il mérite assurément cette plaque commémorative, une initiative de l'échevin de la culture Xavier Winkel.

Anversois francophone d'origine bourgeoise, Georges Eekhoud ne tarda pas à «tourner mal». Anarchiste avant-gardiste, il scandalisa la bonne société en affichant son homosexualité et son opposition à l'hypocrisie bien-pensante. Ses recueils de nouvelles (Kermesses, cycle Patibulaire) et ses huit romans lui permirent d'asseoir sa réputation. Il côtoya quelques valeurs sûres tels Verhaeren, Gide ou Ghelderode (son maître à penser).

Ajoutons que l'écrivain sulfureux a donné des cours de littérature à l'école pour adultes de Schaerbeek (rue Quinaux) de 1902 à 1927 et que René Magritte fut l'un de ses élèves. Membre de la Nouvelle Académie royale de langue et de littérature françaises, il décéda le 29 mai 1927. Un monument a été érigé à sa mémoire, trois ans plus tard, au parc Josaphat.

FRANÇOIS ROBERT