Grève de la faim aux Minimes

Suite à une action de grève, quelque 1.100 ressortissants afghans arrivés en Belgique avant le 1er janvier 2003 ont obtenu une telle
régularisation.
 L'avocate des grévistes de la faim, Selma Benkhelifa, a déclaré ne pas pouvoir expliquer à ses clients pourquoi les Afghans arrivés en
Belgique avant 2003 ont obtenu une telle "faveur" alors que la situation en Afghanistan s'est fortement détériorée depuis comme en attestent
des récents rapports dont celui du Conseil de sécurité des Nations unies.
 "Nous sommes déterminés à mener cette grève de la faim car nous voulons obtenir une régularisation", a expliqué lundi l'un des grévistes,
qui est en Belgique depuis trois ans. 






Les ressortissants afghans avaient déjà mené une grève de la faim l'été dernier à Louvain-la-Neuve et avaient renoncé à poursuivre leur
action en espérant alors pouvoir bénéficier de la protection subsidiaire, une directive européenne transposée en droit belge en octobre
dernier.


Cette protection subsidiaire, dont peuvent bénéficier des ressortissants d'un pays en guerre qui sont victimes de violence aveugle, n'a
toutefois pas été accordée à ces Afghans qui ont reçu les uns après les autres des ordres de quitter le territoire, leur demande d'asile ayant
été rejetée. Cinq ressortissants Afghans ont même été enfermés dans un centre fermé.
 


Quatre d'entre eux ont été libérés après décision du Conseil d'Etat et le cinquième est toujours enfermé, depuis quatre mois. 
 L'Etat Afghan ne délivre pas de laissez-passer et les ressortissants afghans ne sont donc pas expulsables. Les quatre ressortissants qui
avaient été enfermés n'ont pas pu être rapatriés et se retrouvent depuis le remise en liberté dans la clandestinité, sans papiers
, a déploré
Edith Mercier, l'une des porte-parole du groupe.
 Suite à une grève de la faim entamée en été 2003, 1.100 Afghans qui se trouvaient en Belgique depuis trois ou quatre ans au minimum, ont
obtenu leur régularisation.
 




Parmi les grévistes de la faim actuel, se trouve un Afghan arrivé en Belgique le 19 janvier 2003. Comment lui expliquer qu'il est arrivé 19
jours trop tard en Belgique ?
, s'est interrogée son avocate, Selma Benkhelifa. Selon elle, la circulaire de régularisation prise à l'époque par le
ministre Dewael et qui ne concerne que les Afghans arrivés en Belgique avant 2003 est discriminatoire et n'est pas conforme aux articles 10
et 11 de la Constitution, d'autant plus que la situation en Afghanistan s'est fortement détériorée depuis 2003. 
 Hormis cette grève de la faim par des Afghans en Belgique, il n'y a pas eu d'incidents particuliers en 2003. Le pays est aujourd'hui
clairement en guerre
, a soutenu l'avocate.
 



Le Conseil de sécurité a indiqué dans son rapport de fin 2006, qu'à aucun moment depuis la chute des Talibans fin 2001, la menace qui pèse
sur la transition en Afghanistan n'a été aussi sérieuse. 
 Le gouvernement belge doit être cohérent. D'une part il adhère à une coalition chargée de sécuriser un pays qui connaît un conflit armé et
d'autre part, il ne reconnaît pas de danger particulier
, a conclu l'avocate.
 Les grévistes de la faim espèrent une rencontre avec le ministre de la Défense lundi prochain.



(D'après Belga)