Chaumont-Gistoux Le Cercle historique fête Arsène Matton : Il a façonné le Congo

Le nom d’Arsène Matton ne dira probablement rien à la majorité d’entre vous, pourtant ce sculpteur, né à Harelbeke en 1873 et décédé à Bruxelles à l’âge de 80 ans, était jugé suffisamment habile pour qu’en 1911 on lui confia la réalisation de quatre statues destinées à orner la rotonde du Musée de Tervuren, vitrine de la politique coloniale belge.

Intitulée « La Belgique apportant la civilisation au Congo », la plus connue représente un prêtre blanc qui, étirant bien la tête et les épaules, domine littéralement un « indigène » à moitié nu et à l’allure enfantine. Les autres statues de la série, qui ont pour thème « L’esclavage », « La Belgique apportant le bien-être au Congo » et « La Belgique apportant la sécurité au Congo », soulignent par ailleurs les aspirations philanthropiques de l’œuvre coloniale.

« A l’époque, Arsène Matton enseignait à l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, explique Robert Haulotte, le président du Cercle historique de Chaumont-Gistoux, et il avait réussi à se faire envoyer au Congo par le ministre des Colonies, Jules Renkin, pour y puiser son inspiration. En 1915, il y retourna encore quelque temps, mais comme planteur cette fois, en compagnie du baron Charles de T’Serclaes. »

Si on évoque actuellement cet artiste, c’est parce qu’il y a 100 ans, le 15 novembre 1908, l’Etat indépendant du Congo devenait une colonie belge. Et, comme Arsène Matton a vécu les quatorze dernières années de sa vie à Dion-le-Mont, le Cercle historique a sauté sur l’opportunité pour mettre en lumière l’artiste et son œuvre coloniale.

« Le Musée de Louvain-la-Neuve et l’Académie des Beaux-Arts de Bruxelles nous ont prêté une douzaine de statues et bustes, explique encore Robert Haulotte, tandis que de la Bibliothèque royale de Belgique nous avons obtenu une série de médailles commémoratives se rapportant au Congo également. Cette exposition (1) sera également enrichie de plusieurs conférences dont la première, ce vendredi, aura pour thème « L’Etat belge fondé par Léopold II » (2).

Pour l’anecdote, on retiendra qu’à sa mort, le sculpteur, a qui l’on doit également un monument commémorant le 50e anniversaire de l’arrivée de Stanley à Boma, à l’embouchure du fleuve Congo, avait demandé à son exécuteur testamentaire, l’ancien maïeur de Dion-Valmont Omer Bidoul, de créer un musée dans sa maison. « Mais il n’avait plus un sou, rapporte Robert Haulotte, et tout ce qu’on a pu faire c’est donner son nom à la rue où il a habité. »

(1) Du 29 novembre au 7 décembre, à l’Espace Perez, rue du Village à Dion-le-Mont. (2) Au même endroit, à 20 h 30, par Luc Vellut, professeur à l’UCL.

Infos : 010.68.88.70.