IL AVAIT INITIE LE REDRESSEMENT DE LA SABENA LE DECES DE VAN RAFELGHEM

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Il avait initié le redressement de la Sabena

Le décès de Van Rafelghem

Carlos Van Rafelghem, qui avait été terrassé par une hémorragie cérébrale l'été dernier, et avait de ce fait abandonné la présidence de la Sabena, est décédé dans la nuit de vendredi à samedi à l'âge de 65 ans. Carlos Van Rafelghem avait fait toute sa carrière au ministère des Finances et dans divers cabinets ministériels avant d'être nommé en juin 1978 à la tête de la compagnie aérienne belge.

Né à Bruges le 8 décembre 1925, il a mené de front, jusqu'en 1978, une carrière publique et d'enseignant. Après plusieurs mandats aux cabinets des Finances, puis à celui de la Cculture néerlandaise et des affaires flamandes, il a suivi, comme chef de cabinet adjoint et responsable des problèmes financiers et économiques, le ministre Jos Chabert (CVP) jusqu'à ce que ce dernier quitte le ministère des Communications.

Peu avant, M. Van Rafelghem avait été chargé d'une «mission spéciale d'intérêt général» à la Sabena, avant d'en être nommé président du conseil d'administration, charge qu'il a quittée effectivement en juillet 1990, et officiellement, le 8 octobre 1990, date de sa mise à la retraite.

M. Van Rafelghem avait marqué de son empreinte, de 1978 à 1990, la gestion de la Sabena, en particulier à partir de 1981, moment de l'accession de M. De Croo à la tête du département des Communications. Ce dernier avait chargé le président de la Sabena de rendre la société complètement autonome sur le plan financier. M. Van Rafelghem avait mis en place un plan de restructuration, impliquant la réduction de plus de 2.000 emplois et une réduction générale (mais momentanée) des salaires de 17 %. La réduction des effectifs avait été obtenue principalement par les départs naturels. Le programme de réduction du niveau des salaires, frappant davantage les salaires élevés, avait entraîné de longues et dures négociations syndicales.

M. Van Rafelghem a aussi été le «père» de la filialisation de la Sabena, qui a conduit à la constitution d'une trentaine de sociétés juridiquement, et en principe financièrement, autonomes. L'objectif était de susciter l'émulation entre les divers services de la compagnie et aussi d'évaluer avec plus de certitude lesquelles des filiales étaient les plus rentables. Ainsi, les sociétés du groupe largement bénéficiaires, comme Sabena Technics et Sabena Catering, compensaient, par le biais de la holding, celles qui ne l'étaient pas et auxquelles était imposé un plan de redressement. Ceci a conduit, dans la seconde partie de la décennie 80, à la présentation par le «groupe Sabena» de résultats positifs dépassant le milliard de francs.

M. Van Rafelghem a enfin été l'homme des premières négociations inter-compagnies, menées dans le but de donner à la Sabena une dimension internationale plus grande, par la coopération plus étroite, avec des compagnies partenaires. Plus de trois années d'efforts n'ont abouti à rien, jusqu'en 1990, année de la constitution d'une nouvelle filiale tripartite, la SWA (Sabena World Airlines) dont 60 % du capital appartenaient au groupe Sabena, 20 % à British Airways et 20 % à KLM. Cette formule n'a duré qu'un an, les deux partenaires étrangers ayant décidé le 31 décembre 1990 de se retirer. Appelé à sa succession, le nouveau président Pierre Godfroid a opéré un retournement complet de la politique antérieure en ordonnant l'absorption des filiales par la société mère, et en se mettant à la recherche d'un partenaire industriel qui accepte de participer à la recapitalisation de la société à concurrence de 6 milliards. (D'après Belga.)

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