IL QUITTE LES MUTUALITES CHRETIENNES, HALLET: LE SALUT AU MANAGER ET AU DEMOCRATE-CHRETIEN

Il quitte les Mutualités chrétiennes

Hallet: le salut au manager

et au démocrate-chrétien

Les Mutualités chrétiennes ont fêté samedi à Liège le départ à la pension de leur président Jean Hallet. Celui-ci ne se retire pas tout à fait. Il reste président du jeune «Centre pour l'égalité des chances», héritier du travail des commissaires royaux à l'immigration.

Agé de 65 ans, Jean-Jules Hallet (c'est son vrai prénom) se définit lui-même comme démocrate-chrétien de stricte observance. Il doit sans doute ses convictions sociales à une enfance modeste. Privé de père à l'âge de 12 ans, il fit ses études à l'Athénée de Visé, puis les sciences économiques à Liège.

Jean Hallet a flirté avec la politique. Il présida pendant de nombreuses années la section du PSC de Woluwe-Saint-Lambert, où il s'établit en 1954. Il travailla au cabinet du ministre des Communications Paul-Willem Seghers de 1958 à 1961. Là, il coordonna l'opération de rapatriement des Belges du Congo.

UN EXPERT EN COMPROMIS

En 1972, il fut même question de lui à la présidence du PSC. Il se contenta de la présidence du centre d'études du parti (Cepess).

Timide par nature, peu médiatique, il s'épanouit dans les négociations de l'ombre. Patient, intelligent, expert en compromis, la démocratie chrétienne le sortit de son chapeau en plusieurs occasions. Il a présidé les conseils d'administration de la RTBF (1973-1988), de l'UCL, de la CGER-assurances, de 48.81.00,... Il est vice-président du Mouvement ouvrier chrétien depuis de longues années.

C'est aux Mutualités chrétiennes qu'il s'est le plus investi. Entré en 1961, dirigeant en 1964; il en devint l'inamovible secrétaire général avant d'obtenir sur le tard la présidence.

Son nom est associé au fonctionnement de l'assurance-maladie telle que définie en 1963-1964. Il entretint des relations tumultueuses, mais d'estime et de confiance dit-il, avec le bouillant leader médical André Wynen. Les choses se gâtèrent quand Wynen lança le procès des mutuelles (pour détournements de fonds de l'assurance-maladie) et l'amena sur le banc des accusés. Jean Hallet fut acquitté, mais aussi marqué par une procédure très longue. J'étais sûr de ma bonne foi, dit-il. Mais pour tout accusé, même parfaitement innocent, après huit ans, le doute s'insinue.

LA COTE D'ALERTE

Il est fier de ce qu'il a contribué à faire des Mutualités chrétiennes, de loin, les plus importantes du pays.

Il a le sentiment de laisser un outil en bon état. La tâche colossale d'informatisation a été menée à bien. La nouvelle loi nous donne explicitement le droit de défendre nos membres et permet d'amplifier une de nos caractéristiques: la mobilisation du bénévolat à tous les niveaux, déclare-t-il dans «En Marche», l'organe de la mutuelle.

Il se dit par contre inquiet pour l'avenir du système des soins de santé. Les négociations tarifaires avec les médecins sont à l'agonie. Les moyens se réduisent par rapport aux besoins. Pour les charges imposées aux malades, on a atteint la cote d'alerte.

Il craint la fiscalisation des recettes (financement par l'impôt), voie directe vers une médecine à deux vitesses.

Th. E.