Commentaire : Jaco Van Dormael sans palme ni tuba

On y croyait. Depuis le jour où on a mis les pieds sur le tournage du film le plus fou du cinéma belge et le plus ambitieux de van Dormael. Mr Nobody à Cannes, c’était évident. Mais voilà, pour le producteur français Philippe Godeau (déjà producteur du Huitième jour) et le cinéaste belge, c’était la compétition ou rien. C’est donc rien, Thierry Frémaux, délégué général du Festival, ayant proposé de prendre le film hors compétition.

Certains vendraient père et mère pour cela. Godeau et Jaco, non. La caisse de résonance cannoise est pourtant unique. En compétition (qui peut être assassine) ou hors compétition. Faut-il dès lors parler de fierté mal placée, de stratégie de producteur, de jeu de poker qui a mal tourné ? Jaco, déjà auréolé d’une Caméra d’or et de deux prix d’interprétation, a sa version, livrée dans un communiqué : « C’est dommage. Ceci dit, deux bonnes nouvelles : je n’avais pas de smoking. Et je suis en vacances. Je suis surtout désolé pour celles et ceux qui attendaient Mr Nobody et qui devront encore attendre jusqu’octobre. Le film est intact.

Déclaration simple face à la complexité de l’univers du cinéma. N’est-ce pas cela que tente de raconter son film : les contradictions ?