JOUETS DE L'AIGLON

JOUETS DE L'AIGLON

C'est la période des cadeaux pour les adultes et des jouets pour les enfants. Une lectrice nous pose cette curieuse question : «Le fils de Napoléon, appelé roi de Rome par son père, l'Aiglon par le peuple et duc de Reichstadt à Vienne, avait-il, enfant, beaucoup de jouets ?» Né à Paris en 1811 et mort à Vienne, tuberculeux, en 1832, le roi de Rome est passé comme un éclair dans l'Histoire. On sait qu'au palais de Schönbrunn, dans les premiers temps, il réclamait ses jouets : «Le vieux roi méchant (Louis XVIII) m'a pris tous mes jouets, mais il faudra bien qu'il me les rende !».

Il les rendit : un jour, arriva dans la chambre du roi de Rome (ou, si l'on préfère, de Napoléon II) de grandes caisses venues des Tuileries. «Ah ! s'exclama le petit, il a eu peur».

L'énumération des jouets du fils de l'empereur ressemble à un poème de Jacques Prévert : un hochet en argent brisé, deux cavaliers, une laitière et une vache, un minuscule tombereau en acajou, un billard mignature, un carillon, une mignonne écurie en bois, un hussard, un jeu d'arc, deux grands chevaux de bois, un magasin d'épicerie, un chariot de porteur d'eau en cristal. Alors, quelques objets mécaniques : un Turc jouant de la mandoline, un faiseur de tours, un grenadier et un dragon, puis cent cinquante pierres de minéralogie, une serinette garnie en acier et en nacre et vingt-cinq volumes relatifs à l'éducation des enfants. La toilette de vermeil et le berceau offert par la ville de Paris suivirent plus tard. C'était toute la fortune du petit roi de Rome.

LANCELOT

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