JUGEMENT CLEMENT A BRUGES DOUZE ANS DE PRISON POUR L'EX-COMMISSAIRE GODFROID

Jugement clément à Bruges

Douze ans de prison pour

l'ex-commissaire Godfroid

Le tribunal correctionnel de Bruges a condamné à douze ans de prison Frédéric Godfroid, ancien commissaire à la PJ de Bruxelles, et a infligé respectivement dix, huit et six ans à ses lieutenants, Angel Gonzales Garcia-Caro, Alain Lavigne et Arthur Timmermans. Des complices français (Marc Monge, Éric Oberieder et Gérard Privat) ont écopé de dix ans. Jacques Herygers a été condamné à dix-huit mois. Le reste des trente-quatre accusés s'en sort avec des peines de quelques mois et de fortes amendes.

Thierry Arnovici, Franklin Deconinck, Miranda Doutremont, Erica Pillaert, Ann Vandeputte ont, comme Jeanine Willems, l'amie de Godfroid, été acquittés.

Pourtant, après une semaine de procès, à la fin du mois de mars, le procureur du Roi Jean-Luc Cottyn avait demandé au tribunal de condamner Godfroid et ses principaux complices à vingt ans de prison. C'est que l'ex-commissaire et ses trente-quatre coprévenus étaient accusés d'une impressionnante série de vols à main armée et d'autres faits qui vont du vol de voitures au port d'armes prohibées, en passant par trafic de stupéfiants et prise d'otages.

Sauf son implication dans un vol à main armée commis dans une bijouterie de Hoboken (butin: 2 millions), dans un vol à Bruges (1 million), ainsi que dans deux vols à main armée à Blankenberge (5.000 F) et à Ypres (2,4 millions), Godfroid a toujours tout nié.

On veut me punir pour mon passé de commissaire à la PJ, devait-il encore déclarer au dernier jour du procès.

Lors de la lecture détaillée des différentes peines, ce qui lui prit presque trois heures, le président Lambrecht se dit convaincu de ce que Godfroid était bel et bien le chef de la bande et qu'il avait agi comme un seigneur qui se chargeait de la reconnaissance des lieux puis laissait le sale boulot à ses auxiliaires.

Le tribunal s'est déclaré incompétent pour juger Jean-Luc Bernard et Pascal De Boeck, tous les deux en prison puisque condamnés antérieurement par les tribunaux de Bruxelles et d'Arras (France) pour des faits semblables, perpétrés durant la même période que celle dont ils devaient se justifier à Bruges. Idem pour Éric Garbar et pour François Moyart, accusé d'avoir renseigné la «bande à Godfroid» quant à la façon de s'attaquer aux magasins GB, où il faisait partie de la sécurité.

En sortant du prétoire, le procureur du Roi Jean-Luc Cottyn a laissé échapper un commentaire désabusé: C'est une journée noire pour le ministère public. Impossible encore de savoir s'il interjettera appel. Durant toute la durée du prononcé, Godfroid et compagnie ont gardé un silence et un calme olympiens. Ce qui n'a pas empêché Godfroid d'avoir un petit sourire quand il a «gagné» huit ans sur les vingt redoutés.

EDDY SURMONT