Faits divers Seize ans après les faits, la mort de la jeune fille demeure inexpliquée : L’affaire Laurence Mathues relancée

L’instruction vient d’être relancée dans l’histoire de la mort de Laurence Mathues, il y a bientôt 16 ans. Ni le substitut en charge du dossier à Namur, M. Marchal, ni l’avocat du père de la jeune fille, Me Pierre, n’ont encore acquis la certitude que toutes les pistes ont été décortiquées jusqu’au dernier détail.

Laurence Mathues a 16 ans quand, le 28 août 1992 au matin, son père, Philippe Deleuze, la dépose à Walibi où elle travaille comme jobiste dans une croissanterie. Elle ne lui a pas dit qu’elle ne travaille qu’à partir de 14 heures. Sa vie n’ira pas plus loin. Depuis, ses proches et la justice cherchent à élucider la douloureuse énigme. En effet, son cadavre est retrouvé le 7 septembre à Noville-les-Bois, le long de la route reliant Leuze à Namêche, non loin d’une sortie d’autoroute. Quelqu’un l’y a déposé en prenant soin de le cacher sous des branchages. L’autopsie révélera qu’elle est décédée le jour de sa disparition d’une ingestion massive de barbituriques. Il n’y a aucune trace de violence. Quelqu’un, qui a choisi le silence, sait donc comment et où la jeune Bruxelloise est morte. L’absorption de médicaments conduit à envisager un suicide, mais laisse la dissimulation du corps tout à fait incompréhensible.

Il y a quelques jours, le parquet général de Liège a donné son aval à la requête du substitut Hugues Marchal, responsable au parquet de Namur, qui estimait prématuré le renvoi du dossier devant la chambre du conseil en vue d’une ordonnance de non-lieu. Le magistrat a donc demandé au juge d’instruction, Mme Bourgeois, une série de devoirs complémentaires dont l’un porte sur de nouvelles analyses d’ADN. Me Pierre souhaite également que de tels examens soient effectués pour les cheveux retrouvés dans les vêtements que portait Laurence Mathues.

Seule une partie d’entre eux avait déjà été soumise aux investigations des scientifiques. M. Marchal a aussi demandé l’intervention d’un entomologiste pour disposer d’une contre-expertise relative aux conditions dans lesquelles les restes de la jeune fille avaient séjourné le long d’une route, à Fernelmont. Ces nouvelles recherches devraient reporter de plusieurs mois la décision de la chambre du conseil.

Pendant ces années, toutes les explications ont été envisagées. En vain. Même celle de Fourniret. Même celle du recel de cadavre par un père qui n’aurait pas voulu accepter le sort maudit du suicide de sa fille. Lui, d’ailleurs, reste convaincu qu’elle a été assassinée.