L'agonie de Rabelais

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L'agonie de Rabelais

risque d'être abrégée

L'athénée André Vésale d'Etterbeek n'est pas le seul établissement de l'enseignement de l'Etat menacé d'une fermeture anticipée. L'athénée François Rabelais d'Ixelles risque en effet de fermer ses portes le 1er septembre prochain.

Jeudi, une concertation s'est tenue entre des représentants du ministère de l'Education de la Communauté française et la communauté éducative de cet établissement. Et tout le personnel de l'école ainsi que les élèves y ont clairement fait savoir à leurs interlocuteurs qu'ils s'opposaient à l'idée d'une fermeture anticipée.

Vésale n'est pas Rabelais et la situation de ces deux établissements est objectivement différente. A Rabelais, la décision de fermer a été prise il y a quatre ans déjà. En 1985, la population de l'athénée était tombée en dessous du chiffre fatidique de 242 élèves. Le ministre de l'Education nationale de l'époque, André Bertouille, s'était mis d'accord avec l'école pour programmer une «mort douce» de l'établissement.

C'est ainsi que dès la rentrée 1985, la première année du cycle d'observation disparaissait. L'année suivante, c'était au tour de la deuxième à disparaître et ainsi de suite. Cette programmation a eu un énorme mérite: elle a permis aux élèves fréquentant François Rabelais de poursuivre sans problème leurs humanités dans le même établissement (à condition toutefois de ne pas redoubler). Elle a permis aussi de réaffecter en douceur les professeurs en surnombre.

Encore à 69

Mais voilà que, comme à Vésale, il est question de fermeture anticipée au 1er septembre. Si cette décision est prise par le ministre Yvan Ylieff, cela signifie que les élèves de cinquième devront terminer leurs humanités ailleurs. Cette menace est sérieuse. Depuis le mois d'avril, l'athénée Rabelais savait qu'il était en point de mire. Les avateurs survenus à Vésale n'ont fait qu'amplifier ses craintes. Si bien que le 9 mai, il écrivait au ministre pour faire part de ses inquiétudes. Depuis, pas de réponse.

Lors de la concertation de jeudi, l'école a clairement dit non à cette fermeture anticipée aux représentants du ministère et demande que l'on respecte les engagements pris en 1985. Les arguments développés par François Rabelais pour se maintenir en vie jusqu'à 1990 (année où de toute façon elle fermera ses portes) ont un certain poids. Il reste actuellement 69 élèves (deux classes de cinquième et une de sixième) dans l'établissement, ainsi qu'une vingtaine de professeurs. Cela fait beaucoup de monde à «recaser» en catastrophe. De plus, une bonne partie des élèves ont choisi l'option «sciences sociales 9 heures», une option assez rare à Bruxelles et que ne possède pas pour l'instant l'athénée Jacquemotte, censé récupérer les élèves de Rabelais. Quant aux professeurs, ils ont pris leurs dispositions en fonction d'une fermeture en 1990.

Reste à attendre la décision du ministre Yvan Ylieff qui va recevoir incessamment le rapport de cette concertation.

F. R.

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