L'ancien atelier Khnopff sortira bientôt du mutisme

L'ancien atelier Khnopff sortira bientôt du mutisme

A force de croiser le mur d'affiches publicitaires qui masque le coin de la rue Saint-Bernard et de la rue de la Source, les regards des passants ne remarquent peut-être plus le chancre qui s'y cache. L'architecture du bâtiment dénote pourtant avec les immeubles modernes qui l'entourent. Excepté en façade, ce bel hôtel de maître ne recèle aucun trésor particulier à l'intérieur. Tout est dans son histoire. Sous son toit, sont en effet nés quelques talentueux coups de pinceau de Fernand Khnopff, un des maîtres symbolistes de la peinture et de la sculpture du XIX e siècle.

Aujourd'hui, après des années d'abandon, l'atelier du célèbre artiste appartient à Orhan Liman, un agent d'assurances établi sur la rue Royale. Son projet consiste à ouvrir un restaurant au rez-de-chaussée, une salle polyvalente et d'exposition au premier étage et un logement privé au second. Au sous-sol, là où se trouvaient les cuves de l'ancienne station-service, seront aménagés les sanitaires, les cuisines et les chambres froides. La rénovation-reconstruction coûtera une trentaine de millions, et les travaux doivent démarrer vers la fin de ce mois.

Dans une première version, l'objectif du promoteur visait à construire à l'arrière une grande mezzanine couverte par une verrière, créant ainsi un vaste espace capable d'accueillir 150couverts. Il envisageait également d'implanter un étal d'écailler à front de la rue Saint-Bernard. La commission de concertation qui a examiné le dossier a remis un avis favorable quant à sa philosophie générale. Elle s'est prononcée positivement pour l'activité commerciale du rez ainsi que pour l'affectation culturelle et le logement prévus dans les niveaux supérieurs. Mais elle a cependant formulé quelques exigences nécessitant de revoir les prétentions à la baisse.

C'est ainsi que l'idée de la mezzanine est abandonnée pour lui préférer une verrière qui viendra mourir à hauteur des mitoyens et que le nombre de places soit limité à une centaine. De même, les colonnes de marbre noir en façade disparaissent au profit d'une architecture simplifiée, mieux intégrée à l'aspect général du quartier. Quant à l'écailler, il ne pourra en aucun cas empiéter sur la voirie. La commune de Saint-Gilles a encore insisté sur le problème du parking. Et le promoteur a trouvé accord avec le grand hôtel tout proche pour louer une trentaine d'emplacements et offrir à sa clientèle un service de voiturier.

M.-L.G.