L'habitat groupé des Zurbains

PHILIPPE BODEUX

Un habitat groupé à voisinage aimable... La formule résume le projet du groupe « Les Zurbains » qui envisage de bâtir un ensemble de logements sur le terrain dit « du Siajef » dans le quartier Saint-Léonard. Particularité du projet : ce lotissement intégrant les principes et techniques de développement durable n'est pas l'oeuvre d'un promoteur immobilier mais d'un groupe d'une vingtaine de personnes qui planchent depuis deux ans sur un concept d'« habitat groupé intergénérationnel liégeois ».

Ce vendredi, un pas décisif a été franchi : le propriétaire du terrain situé en bordure de la place Vivegnis - le Centre Franco Basaglia - a pris la décision de vendre le terrain de 3.000 m2 aux « Zurbains » pour un prix qui avoisine les 260.000 euros. Une somme qui permettra au Centre Franco Basaglia de stabiliser son dispositif psychiatrique ambulatoire.

Le modèle de construction porté par « Les Zurbains » est à l'opposé de celui de la maison quatre façades tant chérie par les Belges mais dispendieuse en espace au sol et en énergie. Les maisons seront mitoyennes, conçues pour réaliser de substantielles économies d'énergie et respectueuses de l'environnement immédiat. Le groupe prévoit d'utiliser des matériaux écologiques (bois à la place du béton, argile au lieu du plâtre...), des techniques d'économie d'énergie (chauffage groupé, panneaux solaires, biorupteur électrique...) et souhaite un partage des dépenses liées à l'espace communautaire (tondeuse partagée pour l'espace vert collectif, parking commun au lieu de garages individuels...). Nous visons des économies d'échelle, ce qui ne veut pas dire qu'il s'agit d'une vie en communauté : chacun aura son espace individuel. De même, pour nous, développement durable ne veut pas dire vie à la dure, explique Philippe Schumacher, responsable du magasin bio Al'Binète et membre des « Zurbains ».

J'aime le proverbe : « Ce qu'il n'est pas besoin de faire, il est besoin de ne pas le faire. » Pour l'instant, les « Zurbains » doivent encore se constituer en association et boucler leur projet immobilier qui prévoit également l'intégration d'éléments du quartier comme le centre de planning familial Louise Michel. Une de nos craintes était que l'ancien site charbonnier soit pollué. À part une petite zone située le long de la voie de chemin de fer, il n'en est rien, poursuit Philippe Schumacher. Heureux de voir que le rêve commence à se concrétiser. Cela fait plus de deux ans que l'on se réunit. Ce n'est pas toujours facile de gérer le groupe et d'arriver à élaborer un projet collectif intégrant les desiderata de chacun, Nous espérons que d'ici deux à trois ans, l'ensemble sera construit. Ce qui, avec la nouvelle place, le bâtiment pour entreprises construit par la SPI+, l'ouverture de la brasserie Haecht et, sans doute, la passerelle vers les Coteaux, devrait constituer un nouveau petit quartier.