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L'INCENDIE D'UN HOTEL AVAIT FAIT 15 MORTS ET 168 BLESSES, PROCES SWITEL A ANVERS: QUI VA PAYER?

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L'incendie d'un hôtel avait fait 15 morts et 168 blessés

Procès Switel à Anvers : qui va payer ?

Le procès de l'affaire «Switel», qui devait débuter hier matin à la cour d'assises d'Anvers, a été reporté au 11 mai prochain. En cause : toutes les parties civiles ne sont pas encore inscrites, et les avocats n'ont pas reçu les dossiers complets. Rappel des faits.

Le 31 décembre 1994, environ 450 personnes se trouvent dans la salle des fêtes de l'hôtel Switel, situé en plein centre d'Anvers. Vers 23 heures, alors que la fête bat son plein, des bougies mal placées boutent le feu à un immense sapin. Les portes d'évacuation s'ouvrent, provoquent un appel d'air et l'incendie se propage dans toute la salle. C'est la panique, les gens suffoquent, se bousculent et se piétinent. Malgré l'intervention rapide des pompiers, trois personnes meurent sur place, brûlées vives. Le bilan humain est lourd : en tout 15 personnes vont décéder des suites de l'incendie, 164 autres seront blessées dont 49 très gravement. La plupart d'entre elles souffrent de brûlures au troisième degré et certaines sont atteintes aux poumons et au système respiratoire.

Le bilan financier est quant à lui estimé à plus d'un milliard de nos francs. Qui va payer ?

La loi prévoit que tout établissement accessible au public est tenu de souscrire une assurance dite de «responsabilité objective», au bénéfice de ses visiteurs. Dans le cas de l'incendie du Switel, les victimes étaient donc logiquement assurées d'être indemnisées, et elles devaient l'être sans devoir prouver la faute de l'hôtelier. Mais la contrepartie de cette absence de preuve à apporter n'est autre que l'instauration d'un plafond d'indemnisation. A savoir 671 millions, dont 600 millions (indexés) destinés à couvrir les lésions corporelles et 30 millions (indexés) pour les dégâts matériels des personnes. Or, les dégâts sont estimés à plus d'un milliard. La répartition entre les 258 dossiers ouverts va dès lors s'avérer difficile. Autre «mais» : dans cette affaire, les assurances avancent des arguments subjectifs à propos des lésions physiques des victimes, estimant que dans certains cas, le recours à la chirurgie esthétique n'est pas nécessaire.

Les victimes, qui ont consulté et qui consultent encore aujourd'hui des psychologues, ne sont pas remboursées pour ces consultations, jugées non indispensables par les assureurs. La loi sur la responsabilité objective n'est pas traduite de la même manière en français et en néerlandais, provoquant par là des interprétations différentes. Les remboursements tardent à venir alors que la loi prévoit justement une certaine rapidité dans l'exécution des indemnisations.

Le 11 mai prochain, les débats concernant ces divers points pourront enfin éclaircir la situation des parties civiles, fort peu informées jusqu'à présent. Et Luc Serre, responsable de la location de la salle des fêtes de l'hôtel, comparaîtra prévenu des chefs d'incendie involontaire, blessures involontaires et homicides involontaires.

Dans la salle d'audience, une jeune femme écoute, elle a un visage troublant, reconstitué, qui n'est pas le sien.

LÖKKHANA QUAREMME

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