La cote de Delvaux : des hauts et des bas Un marché beaucoup plus sélectif couronne ou sanctionne l'.uvre inégale mais unique de Paul Delvaux.

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La cote de Delvaux : des hauts et des bas

Un marché beaucoup plus sélectif couronne ou sanctionne l'oeuvre inégale mais unique de Paul Delvaux. Danièle GillemonAu moment où l'exposition de Saint-Idesbald rameute quelques inconditionnels et où d'autres expositions sont en préparation, il n'est pas inopportun de se demander ce qu'il en est de la cote du maître. En jargon marché de l'art, on dira qu'elle est extrêmement... labile et, plus prosaïquement, en dents de scie, fonction étroite de la qualité des oeuvres présentées et de leur représentativité eu égard à l'ensemble de l'oeuvre, plus encore que de la technique.

Les meilleures enchères couronnent toujours des oeuvres d'entre 1940 et 1950 ou juste avant. Elles représentent l'âge d'or chez un peintre qui s'est cherché longtemps - pendant plus de quinze ans - et dont l'oeuvre antérieure à ces dates est loin d'être sans intérêt mais nettement moins commerciale. Ces dernières se négocient entre 30.000 et 60.000 euros, exception faite bien sûr de ce qui appartient à la période charnière proprement dite, quand Delvaux découvre Magritte et Giorgio di Chirico.

De Delvaux, l'amateur aime surtout les sujets typiques, hautement identifiables, la curieuse alchimie entre une féminitude qui n'appartient qu'à lui - métaphysique du désir et de l'incommunicabilité - et l'héritage du passé (la grécité...), le fétichisme de l'enfance, le classicisme très fini du langage pictural.

Si les chefs-d'oeuvre ne sont plus, de manière générale, sur le marché mais dans nos musées ou plus encore dans les collections étrangères, tout ce qui s'en rapproche d'une manière ou d'une autre se porte extrêmement bien en vente publique.

En 1998, quatre ans après la mort du peintre, une très belle et grande toile de qualité muséale datée 1940-1941, « La ville inquiète », se voyait adjuger quatre millions d'euros tandis que l'année suivante « Le miroir » (1936), période clef, réalisait le record de 4,6 millions d'euros. Un tel marché est évidemment international, les collectionneurs belges se voyant réduits, si l'on en croit « La cote de l'art belge », à acquérir des oeuvres tout à fait secondaires sur papier ou celles qui datent d'après 1970, quand l'imagier s'est définitivement substitué au peintre.

S'il advient qu'une aquarelle, « La sirène » de 1950 - oeuvre sur papier -, puisse réaliser la coquette somme de 550.000 euros, il apparaît aussi que, sur trente oeuvres proposées aux enchères ces dernières années, douze n'ont pas été vendues. Le marché s'est bel et bien fait sélectif laissant sur le carreau les oeuvres de deuxième main, assez nombreuses, et les nombreux croquis sortis des carnets de dessins.

L'oeuvre lithographique, très surestimée jadis, est en chute libre et ses prix très variables. « Le sommeil » (1970) a ainsi été vendu récemment chez De Vuyst pour 15.000 euros, somme exceptionnelle au vu des nouvelles normes qui régissent ce marché.

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