Arte Une série où même Samantha Fox devient pertinente quand elle explique l'évolution des moeurs : La société éclairée par le sexe dans la pop

PARIS

DE NOTRE CORRESPONDANTE

Nous nous sommes tous reconnus dans ce sketch de Franck Dubosc, où il apprend que les Village People sont homosexuels. « Quoi ? Même l'indien ? » En fait, rien que l'indien. Dans « Sex 'n' pop », Glenn Hugues, le « biker » de la bande explique la raison d'être de leurs déguisements : représenter différents personnages qui symbolisent l'Amérique.

Pourtant, « YMCA » reste un hymne de la communauté gay. « Les gens ont toujours cherché un sens à nos chansons, alors que c'était juste des chansons pour rigoler. » Et quand on ne cherche pas vraiment de sens caché, il y en a un... Cette série documentaire, qui analyse la pop à travers le sexe, nous montre combien ce sujet permet d'appréhender la société.

Samantha Fox a expliqué dans le numéro précédent comment elle joua à l'objet sexuel, une exploitation commerciale du sexe faible en réaction à la vague féministe qui précéda son arrivée (Patti Smith en chemise et pantalon d'homme sur une pochette d'album ou Aretha Franklin dans Respect). C'était donc ça !

Ce jeudi, le numéro trois de la série montre la particularité de la culture noire, affiliée à la sensualité mais encore marquée par l'esclavagisme : Tina Turner illustre ce paradoxe. Et le numéro quatre raconte comment la pop fut essentielle dans l'émancipation de la communauté homo.

Pour commenter l'évolution, Jimmy Sommerville revient sur le « glam rock » et le look de David Bowie, inspiré en fréquentant Andy Warhol. Même si pour Bowie, l'instigateur est Lou Reed, « appelé Loulou à l'époque de la Factory, tant il cultivait son côté féminin », explique le photographe Mick Rock. « Walk on the wild side » raconte d'ailleurs l'histoire d'un auto-stoppeur qui est en fait une auto-stoppeuse.

Mélange des genres

Puis vint Queen, « homo » en argot, alors que Freddie Mercury n'a pas encore fait son coming out. Ensuite, le disco, né dans les bars gays latinos. Et puis Boy George, Amanda Lear, Grace Jones, Desirless ou Duran Duran : tous jouent sur le mélange des genres. Chaque chanson est un jalon posé dans le combat contre la discrimination. Mais l'arrivée du sida provoquera un recul : George Michael ne fit son coming out qu'après Wham.

Tous ont leur diva : Madonna, Liza Minelli, Dolly Parton, et même Samantha Fox. Quand Arte fait dans le déjanté, c'est « sex 'n'pop » et c'est plein d'enseignements.

« Sex 'n' pop », Arte, 23 h 30.