LE BEAU BRUSSEL

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LE BEAU BRUSSEL

Tolérance et convivialité des nuits flamandes de la capitale

Parfois provocants, souvent drôles, toujours passionnément accrochés aux soubresauts culturels les plus fous, les points de chute flamands de la capitale brillent de séduction. Ne croyez pas n'y retrouver qu'un éventail de lionceaux aussi revendicatifs qu'hargneux. Les Bruxellois d'expression flamande ont horreur de cela et s'avouent d'une ouverture d'esprit autrement plus chaleureuse que la simple affirmation de leur propre identité. Restos, bars ou centres culturels vous accueilleront presque partout dans les deux langues, selon un savant dosage de tolérance. Entre Bruxellois, on se comprend toujours très vite. Survol de quelques endroits qui décoiffent, sans l'ombre du moindre fanatisme.

CULTUUR ET AMBIANCE

Phare incontournable des nuits flamandes du beau Brussel, le bar du Beursschouwburg (22 rue Orts, 1000 Bruxelles. Tél. 02/513.82.90) aimante en fin de semaine la crème des jeunes branchés flamands. Prototype de décor dépouillé, l'endroit n'en finit pas d'étonner par son ambiance tout aussi surchauffée que décontractée. Lieu de rencontre dynamique, ce grand bar récemment rénové de fond en comble organise fréquemment des happenings et expositions de photos. Un endroit infaillible et sympa pour goûter aux charmes de la culture ménapienne et oser le rapprochement.

Tout aussi branché et design mais de fréquentation parfois plus irrégulière, le bar Het Eerste Kwartier (18 place Sainctelette, 1000 Bruxelles. Tél. 02/201.51.21.) du théâtre de La Luna décolle les soirs de concert. Bruyant, mondain mais convivial, on y baragouine culture flamande dans tous ses états.

Actuellement en cours de rénovation mais réouvert dès le mois de mai, le superbe bar du centre culturel De Markten (5 rue du Vieux-Marché-aux-Grains, 1000 Bruxelles. Tél. 02/512.34.25) vous attend pour des conversations polyglottes sur les remarquables expositions que le centre organise toute l'année. Tout comme le Beursschouwburg, De Markten édite un bulletin reprenant toutes ses activités.

Autre lieu incontournable sur la scène flamande bruxelloise, le Dolle Mol (52 rue des Eperonniers, 1000 Bruxelles. Tél. 02/514.55.59) attire toute la faune culturo-anarchique du Brussel-Brusseleir. Soixante-huitards attardés, écolos adeptes de la vague grunge constituent la clientèle de ce café cher à Jan Bucquoy, dessinateur, metteur en scène et provocateur connu. Idéal pour briser les tabous linguistiques autour d'un bon genièvre avant de rentrer à pied ou en taxi.

A mentionner également dans le centre de la ville, l'enfumé et sombre Kafka (6 rue de la Vierge Noire, 1000 Bruxelles. Tél. 02/513.54.89) pour ses vodkas et journaux en consultation libre, et le vieillot Rijk der Zinnen (14 rue des Pierres, 1000 Bruxelles. Tél. 02/511.26.59) pour ses genièvres et son excellent et peu coûteux spaghetti servi 24 heures sur 24. A noter une spécialité de spaghetti végétarien. En fin de nuit, les gays flamands de tout âge prennent possession des lieux avec humour.

A découvrir aussi le Kampus Kelder (1 avenue de la Liberté, 1080 Bruxelles. Tél. 02/411.39.61), qui rassemble la meute des étudiants de l'Université flamande de Bruxelles. Bruyant et enfumé, on y sert un bel éventail de bières et de savoureux sandwiches.

SALUTS DE SCHAERBEEK

Centre de rendez-vous des jeunes étudiants flamands en quête d'indépendance, le Palm (76 rue des Palais, 1210 Bruxelles. Tél. 02/223.02.02) vous servira la bière au mètre à des prix étonnamment démocratiques. Vidéo branchée MTV et kicker occuperont ceux qui évitent les chassés-croisés sentimentaux.

Centre culturel très animé, le Kriekelaar (86 rue Gallait, 1210 Bruxelles. Tél. 02/245.75.22) possède un bar très fréquenté dès le midi par les socio-culturels flamands. Cadre superbe dans un bel hôtel de maître et grande terrasse ouverte en été côté cour. On ne manquera pas de visiter l'étrange parc-jardin qui borde l'arrière du bâtiment.

Point de chute des artistes de Sint-Lukas et des jeunes étudiants en goguette, le 'T Narrenship (185 rue Rogier, 1210 Bruxelles. Tél. 02/217.22.28) vous offre ses lambris de bois et ses miroirs biseautés dans un cadre de « bruin café» très attachant. Dès l'heure de table, la bière y coule à flots à la lueur des bougies vacillantes. On y boit parfois plus que de raison les soirs d'animation musicale.

Référence capitale pour les amateurs d'art nouveau, le sublime Ultieme Hallucinatie (316 rue Royale, 1210 Bruxelles. Tél. 02/217.06.14) dû à l'architecte Paul Hamesse, vous offre un des plus surprenants décors de Bruxelles, avec son jardin couvert bordé d'un mur de rocaille artificielle. Après le travail, on s'y presse sur les banquettes de bois dans une ambiance pétillante. L'été, un petit patio abrite les coeurs tendres. L'endroit possède également un restaurant gastronomique, chic et cher. Seule ombre au tableau, ne laissez rien dans votre voiture susceptible d'attirer la convoitise des loubards du quartier.

Pour rappel, tous les amateurs de points de chute originaux ne manqueront pas de se procurer l'excellent cru 1996 du «Petit Futé», édition Bruxelles. En vente dans toutes les librairies au prix de 360 F. A noter, cette année, un supplément gratuit consacré à Waterloo.

PAT GILLARD