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LE BEBE DE FELLINI ET MANARA EST UNE BD FEDERICO FELLINI SAGE COMME LA LUNE DES HEROS DE PAPIER ET DE CELLULOID

Temps de lecture: 14 min

CINÉMA

LE BÉBÉ DE FELLINI

ET MANARA EST UNE BD!

«Le Voyage à Tulum» ou le film devenu album initiatique, Manara raconte

ROME

De notre envoyé spécial

C'est un film! C'est une bande dessinée! Non, c'est Superman! On pourrait commencer par cette atmosphère très «cartoon» l'aventure de l'album de bande dessinée que signent Fellini et Manara, chez Casterman, sous le titre «Voyage à Tulum, sur un projet de Federico Fellini pour un film en devenir». Mais ce serait embrouiller encore plus ce bouillon de sorcières dans lequel Fellini a trempé sa plume de scénariste et Manara son pinceau de dessinateur!

«Le Voyage à Tulum» fut d'abord une idée de film fellinien à partir d'un livre sur le Mexique et ses magies, de Carlos Castaneda. Puis un voyage de Fellini au Yucatan où il joua les Tintin sur les pyramides aztèques. Ensuite, une série de récits pour un quotidien italien et, enfin, un album.

«Le Voyage à Tulum», où Manara revisite l'imaginaire de Federico, raconte le voyage initiatique (vers la mort?) d'un réalisateur, Fellini - mais, pris d'angoisse, au bout de quelques planches, il cède sa place à l'acteur Marcello Mastroianni - , dans le pays des anciens magiciens qui savaient que la Faucheuse doit se chevaucher comme un oiseau ou un avion.

Une autre définition de cet album: les retrouvailles d'une enfance - Mandrake rôde dans un coin - par Fellini, metteur en scène, qui porte, comme saint Christophe, son cadet Manara sur les épaules pour lui faire voir au-delà.

Pour vous initier au «Voyage de Tulum», vous allez entendre deux voix venues de Rome et d'un vendredi 13. La première est celle du dessinateur Manara qui parle des thermes de Néron sous le Centre francophone Saint-Louis. La deuxième, c'est Fellini, à l'hôtel Eden, près de la villa Médicis, hôtel qui devint, dès qu'il y entra, immédiatement fellinien à cause d'une panne totale d'électricité. Il y a d'autres voix. Celles des fantômes de l'aventure. Celle de la Camarde. Autant s'y habituer.

Manara parle de Fellini tel un croyant d'un dieu.

«Huit et demi» a été le premier film de Fellini que j'ai vu - le premier film de ma vie a été «Tarzan»! «Huit et demi» fut une révélation, je me trouvais devant une oeuvre qui allait nourrir toute ma vie, qui allait grandir bien plus plus qu'un film-culte et devenir mon inspiration fondamentale. J'étais jeune homme à ce moment-là, je venais de quitter l'école pour le monde du travail, j'avais un terrible besoin de créer mais ne savais trop quoi. Et voilà que le film de Fellini s'interrogeait, comme moi, sur le processus de la création, sur la terreur qui envahit un réalisateur parce qu'il n'a pas vraiment envie de commencer son film et qui tente d'y échapper. C'était moi, ça, cet artiste qui mélangeait les traits de Mastroianni et de Fellini. J'étais dans la même situation de désarroi. Quelle découverte! Je n'étais pas seul à subir le terrorisme de la création qui veut sortir de l'humain et lui fait mal, lui fait peur.

«Huit et demi» reste mon Fellini préféré. Mais Fellini a toujours, film après film, tourné «Huit et demi», c'est pour cela qu'il ne met jamais le mot «Fin» au bout de ses histoires - et moi non plus: gamin, quand je voyais un film, «Fin» me faisait crever de chagrin; pourquoi j'étais chassé de ce monde? Tous les artistes, moi y compris (je n'ai que deux histoires, une érotique, l'autre d'aventures!), doivent avouer qu'ils créent sans cesse la même oeuvre.

FELLINI

LE TRANSFIGURATEUR

Manara a trouvé une superbe définition du vieux cinéaste: Fellini le Transfigurateur.

Quand Fellini tourne un film, il ne le fait jamais dans une situation réelle. Il s'installe dans un studio et construit la réalité. Cela donne à ses films quelque chose de surdimensionnel pour que le spectateur ait l'impression que, l'objet ou l'être qu'il voit à l'écran, il le voit pour la première fois! On dit que Fellini est un visionnaire, je trouve ce mot un peu inexact et réducteur. Fellini est un être vaguement halluciné qui voit des choses là où elles ne sont pas, victime de mirages créés par les excès d'une imagination perdue entre le rêve et l'éveil. Le cinéaste italien est un tranfigurateur, il ne nous donne pas des monstres à voir à la place de moulins à vent, mais, à travers Federico, le moulin se transfigure!

Certes, son nouveau film, «La Voix de la lune», est très pessimiste, mais c'est encore une variation sur «Huit et demi». On dit que Fellini s'y montre vieux, qu'il y tape sur les jeunes, sur le rock - le mauvais rock. Non! Le Maître est contre l'idiotie, c'est tout. Il a l'impression, et moi aussi, que la connerie est en marée haute dans notre civilisation qui marche vers l'autodestruction!

«La Voix de la lune», en ce sens, est très, très dur. Drôle, non, que ce soit un réalisateur si âgé qui doive mettre les points sur les «i» et le poing dans la figure des cons, non? Un autre film, «Rêves», de Kurosawa, un ancêtre lui aussi, dit exactement la même chose: arrêtons les stupidités qui nous démolissent. Où sont les jeunes qui font un cinéma aussi contestataire? Ce sont les vieux qui doivent aller au combat... Si vieillir, c'est devenir comme Fellini ou Kurosawa, j'attends ça avec impatience!

NOUS ADMIRONS

SPIELBERG

Des avions à la Spielberg courent dans tout l'album. L'avion, lieu du voyage et de la mort, lieu où le temps peut aller en arrière ou en avant.

Fellini et moi admirons Spielberg, confirme Manara, il a mélangé l'industrie culturelle avec les valeurs de l'imaginaire. Ses films sont un spectacle merveilleusement inventé. Certes, Spielberg fait partie de l'«industrie», oui. Fellini explique ce paradoxe art - industrie dans notre album quand il me fait dessiner un gros avion qui sort d'un étang: l'avion est un objet industriel qui... vole, et voler, c'est le rêve. Le cinéma est cet avion!

Comment Manara et Fellini ont-ils travaillé en commun?

Je n'ai pas le même imaginaire féminin que Federico, souligne le dessinateur. Le sien est plutôt lié à la maternité, à l'opulence. Curieux, car, en réalité, c'est un homme très grand, qui aime les filles fines et ne donne pas l'impression d'avoir besoin de protection. Sur un plateau, il est l'empereur! Fellini a été un parfait scénariste. Pour les séquences les plus difficiles, nous communiquions par «fax» et il m'envoyait des dessins très expressionnistes (ce qui n'est pas du tout mon style!) de «story board» pour me donner une idée. Je lui renvoyais des croquis. Il m'adressait des corrections!

L'histoire du «Voyage à Tulum», sorte de parabole sur la mort, faisait peur à Fellini. En 1965, une partie de ce récit devait être un film de Federico, «Le Voyage de G. Mastorna», chronique d'un voyage outre-tombe. Plus tard, Fellini rêva qu'il mourait écrasé par les pierres de la cathédrale de Cologne dont s'inspirait l'un de ses décors! Et il n'a plus voulu de cette mise en scène. A la grande fureur d'Ugo Tognazzi, qui avait le rôle de Mastorna!

Au début, il n'a pas voulu que «Le Voyage à Tulum» devienne une BD. Toujours cette vieille angoisse! On a dû quasiment lui voler la permission. De plus, il était troublé par les avatars de son propre voyage au Mexique chez les anciens magiciens aztèques - qu'on retrouve dans «Le Voyage à Tulum» - où il était allé dans l'espoir d'un film et aussi pour y retrouver Carlos Castaneda, l'auteur du livre «L'Herbe du diable et la Petite Fumée». Il ne m'a pas vraiment parlé de la peur de sa mort parce que nous nous entretenions surtout de techniques de BD et de sa manière de la mettre en scène: ses concepts et sa pensée sont clairs, mais il improvise constamment. Il part avec une idée qui change pendant le chemin du tournage ou de la BD.

Fellini n'a pas voulu que je le dessine trop dans l'album, il a refusé que je prête son physique au réalisateur héros de la BD, prétextant que j'allais le faire plus beau qu'en réalité et que ses amis allaient se moquer de lui. Alors, il m'a proposé d'utiliser les traits de Mastroianni, son «alter ego» dans tant de films, et de lui donner le nom que Marcello portait dans «La Cité des femmes», Snaporaz, qui sonne bien «canaille»! Mastroianni n'a rien su de cela... Il l'a appris par sa fille qui a acheté l'album, à Paris, la semaine passée. Et il a été ravi, même s'il n'a pas touché de cachet!

Manara soupire, ravi, submergé de bonheur d'avoir collaboré avec celui qui l'a initié.

Fellini dit que les personnages de bandes dessinées sont telles des marionnettes sans fil. La BD, c'est vrai, est plus liée au théâtre qu'au cinéma par sa caractérisation très violente, la somatisation des sentiments des héros: on est proche de la typologie de la commedia dell'arte. Un dessin de BD est tel un papillon piqué dans sa boîte: les plus grands dessinateurs de mouvement n'ont jamais réussi que le lecteur n'ait pas l'impression que les gestes des personnages sont à moitié bloqués. Moebius, que Fellini et moi adorons et qu'on retrouve croqué dans «Le Voyage à Tulum», en a fait une technique: ses héros sont toujours «bloqués» à moitié. C'est Fellini qui a voulu que Moebius soit dans notre BD. Federico a été le premier cinéaste à oser avouer la dette que tout le cinéma a vis-à-vis de Gir/Moebius, le 7e art mondial vole de l'imaginaire à Moebius, et pas seulement Spielberg ou Rid-ley Scott!

LUC HONOREZ

Manara et Fellini, Le Voyage à Tulum, Casterman.

Des héros de papier et de celluloïd

Batman et Astérix sont aujourd'hui des héros de cinéma. Enki Bilal et Régis Franc ont tenté l'expérience de mettre du mouvement dans leurs cases. Patrice Leconte a déserté la rédaction de «Pilote» pour mettre en scène l'univers de Gotlib d'abord, du Splendid ensuite et désormais le sien avec «Tandem» ou «Monsieur Hire». Et voilà maintenant que Fellini se met à écrire des scénarios de «petits Mickeys» pour son copain Manara.

Entre les deux modes d'expression, il y a longtemps qu'on joue à «Je t'aime, moi non plus», pour le meilleur parfois et pour le pire, souvent.

«Le Voyage à Tulum» de Fellini et Manara, le raz de marée «Batman» l'an dernier et le cyclone «Dick Tracy» qui s'annonce en septembre, témoignent que le couple a de nouveau le vent en poupe (à propos de vent, à quand une adaptation des «Passagers» de Bourgeon). Cette nouvelle période de haute conjoncture fait suite à une traversée du désert, qui elle-même avait succédé à la glorieuse période de la transposition de l'école «Pilote» à l'écran. On pourrait ainsi surfer sur les vagues successives et remonter jusqu'à «Bécassine», «Les Pieds nickelés» avec Robert Dhéry, ou plus loin encore jusqu'au «Little Nemo» de Winsor McCay des premières années du muet.

UNE BÉDÉ

QUI N'EN EST PAS UNE

Une première raison qui explique les liens étroits entre bande dessinée et cinéma a la forme d'une devinette: qu'est ce qui n'est pas une BD mais y ressemble tellement au point de s'y méprendre?

Un story board, bien sûr!

Quand on feuillette celui d'«Indiana Jones» dessiné par Ed Verreaux, cela évoque instantanément la quatrième étape du processus créatif d'Hergé, le stade du furieux tourbillon du crayonné qui précède le tracé de la ligne claire. Il ne faudrait toutefois pas les confondre. L'album est une création autonome, le story board, lui, est avant tout un outil à la disposition du metteur en scène et du producteur. Le premier l'utilise pour faire comprendre de façon claire et précise à ses dizaines de collaborateurs, acteurs et techniciens, ce qu'il attend exactement d'une scène. Le producteur, lui, s'en sert pour évaluer le coût d'une séquence, en décor, en cascades, en figurants, etc.

Il n'empêche que l'erreur de confusion fut maintes fois commise. Ainsi, constatant le succès des bandes dessinées pour adultes pendant les années 70, des producteurs français ont commandé à Lauzier, entre autres, dont les récits se déroulent pour la plupart dans des appartements bourgeois, de transposer ses planches sur pellicule, comme si les albums étaient des story boards. Tout simplement. On connaît le résultat. Décevant. Alors que les personnages de Reiser, Wolinski, Lauzier ou Veyron sont grinçants et décapants sur le papier, ils prennent chair au contact de la caméra et deviennent alors terriblement vulgaires, caricaturaux.

Bilal n'a pas commis cette erreur, en réalisant son film au départ d'un scénario original. Toutefois, «Bunker Palace Hotel» s'est fracassé contre l'autre écueil: le rythme. En bande dessinée, le lecteur impose au récit sa propre cadence. Au cinéma, c'est l'inverse et, manifestement, Bilal n'a pas trouvé le bon tempo.

UN PUBLIC

COMMUN

Ce rapprochement entre 7e et 9e arts trouve une deuxième explication dans un public commun. Les jeunes qui remplissent les salles de ciné sont aussi les principaux consommateurs de bandes dessinées. La tentation est donc grande de donner du mouvement aux héros de papier, d'autant plus grande que le cinéma commercial jalouse la dimension feuilletonnesque de la bédé. Les «sequels» ont mauvaise presse au cinéma, la seule réussite dans le genre étant James Bond.

D'autre part, le succès massif de «Batman», de «Dick Tracy» ou de «Superman» s'explique aussi par la nostalgie, le plaisir que peuvent prendre les adultes américains à partager, en famille, les aventures des héros de leur enfance, qui grâce à un marketing appuyé deviennent aussi ceux de leurs kids.

Mais si les comics ont donné au cinéma américain des méga-recettes, la bande dessinée européenne apparaît plutôt comme un inépuisable réservoir d'oeuvres... inadaptables, autant de défis sur lesquels quantité de réalisateurs se sont cassé les scripts. On attend toujours et on attendra longtemps encore le Tintin de Spielberg. «La Marque jaune» a déjà usé Lam Le et Olivier Assayas. Hugo Pratt a caressé l'espoir de voir Bowie endosser le costume de Corto, mais jusqu'à présent les difficultés furent insurmontables.

En attendant, le terme «Bande dessinée» a dans le vocabulaire cinématographique une connotation péjorative, synonyme de scénario peu vraisemblable à rebondissements frénétiques. Warren Beatty et son «Dick Tracy», Terry Gilliam, ex-dessinateur dont «Le Baron de Munchausen» avait un caractère très bédé et qui préparait jusqu'il y a peu une adaptation de «Watchman» («Les Gardiens») ainsi que la contribution de Fellini devraient faire évoluer le concept et lui donner ses phylactères de noblesse.

FERNAND DENIS

Federico Fellini

sage comme la Lune

Fellini a une voix incroyablement jeune malgré ses septante ans. Il parle de son passage à la BD, du passage d'un art à un autre comme si, en franchissant les portes du «Voyage à Tulum», il s'était exercé à passer la porte du dernier passage et qu'il en avait compris, finalement, la légèreté - la mort, quand on y songe, c'est facile: on n'a rien à faire, c'est un sport de fainéant!

Sans Milo, que j'admire beaucoup, commence Fellini, je n'aurais jamais scénarisé cette BD! Mais permettez-moi de parler italien, car, en français, j'ai l'impression de mal exprimer ce que je veux dire - en italien aussi, d'ailleurs! Et puis, j'ai eu envie de laisser une trace en images de ce voyage que j'avais fait, en 1983, au Mexique, dans le Yucatan, sur les traces du mystérieux écrivain Castaneda pour tenter de créer un film hors des murs de Cinecitta. Ce voyage m'a troublé, m'a angoissé.

LE PAYS

DES SORCIERS

J'étais dans le pays des sorciers, où la réalité se mélange au fantastique, où le parapsychologique tombe dans le magique, le conte se mêle au rêve. Je rêvais d'un film où l'on verrait un metteur en scène fantasmer autour d'un écrivain, qu'il ne retrouvait pas, dans un pays où tout est possible. Mais tout fut compliqué, je me décourageai.

Castaneda, finalement, je l'ai rencontré à Rome (il était très chaleureux, très sicilien), une seconde fois à Los Angeles, puis je n'ai plus eu de ses nouvelles. Jamais! A Rome, il m'a dit que le temps n'était pas encore venu de faire ce film, que le monde n'était pas mûr pour le message. J'ai alors été à Los Angeles pour refaire l'itinéraire de Castaneda au Mexique: il a été adorable, a précisé que c'était le «bon moment». Et on ne s'est plus jamais revu! Un signe? Tout mon enthousiasme s'est refroidi et j'ai tourné «Ginger et Fred».

Avec l'ensemble de mes notes mexicaines, j'ai construit un récit que j'ai livré au quotidien italien «Corriere della Sera», en 1986, sous le titre de «Voyage à Tulum», pour résister à la nouvelle tentation d'un film sur ce sujet. Manara l'a illustré. Et, enfin, il est venu avec l'idée de l'album de BD que nous avons fait pour Casterman.

J'adore les dessinateurs de BD. Je tiens Milton Canif, Chester Gould et Alex Raymond, Lee Falk, ces fabuleux cartoonistes, pour d'immenses artistes. Mieux que les écrivains de leur époque, ils ont traduit l'inconscient de l'Amérique, donc du monde, des années 30. Mon ami Manara est de ce calibre... J'ai moi-même fait les «bulles», pendant la guerre, de la fin des aventures de Flash Gordon que le dessinateur italien Giove Toppi poursuivait à la place d'Alex Raymond, interdit car américain. C'était dans le magazine dessiné «L'Aventuroso», un journal qui nourrit encore mon imaginaire aujourd'hui, je lui voue une gratitude infinie.

Faire un film ou une BD se ressemble fort: mêmes collaborations, mêmes laboratoires/imprimeries, mêmes éditeurs/producteurs. L'expression est la même.

DU NEO-RÉALISME

À LA NÉO-BÉDÉ

Un film est une série de cadrages de vignettes, non? Mais la BD, plus que le ciné, bénéficie de la collaboration des lecteurs: on leur raconte une histoire qu'ils se racontent à eux-mêmes, à leurs propres rythme et imaginaire, en allant en avant et en arrière. La BD est une expression plus pure que le ciné parce que moins réaliste, plus allusive, elle n'est pas définie. Vous pouvez trouver étranges ces paroles dans la bouche de quelqu'un qui a participé à la naissance du mouvement néo-réaliste, mais c'est parce que je viens de fonder le mouvement néo-BD! Une seule chose m'a dérangé: il est très difficile de dépasser le budget dans la BD! Avec ce travail, j'ai retrouvé l'atmosphère de jeu comme quand, à l'école, on créait un petit journal, un petit spectacle en amateurs, avec grâce et légèreté. Alors qu'aujour-d'hui, le poids et l'angoisse que provoque l'attente du public pour mes films me fait peur. Ah, créer dans le détachement! Cela dit, même si j'aime tracer des croquis des personnages de mes films, je ne compte pas renoncer au ciné pour la BD, qui me semble encore plus ambiguë et inquiétante que le 7e art. Et qui demande trop de patience artisanale.

LUC HONOREZ

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