Le Mossad aurait participé à la capture d'Oçalan

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Le Mossad aurait participé à la capture d'Oçalan

Ce n'est pas très flatteur pour les Turcs: les commentaires des spécialistes des services secrets dans le monde s'accordent à dire que le MIT, le renseignement turc, n'aurait pas pu réaliser seul l'enlèvement d'Abdullah Oçalan et son transfert de Nairobi vers la Turquie. En revanche, les services secrets américains (CIA) et israéliens (Mossad) entretiennent dans la capitale kényane leur principale antenne africaine...

L'implication israélienne n'aurait rien de surprenant. Comme le fait remarquer Jean-Michel Dumont, secrétaire général de l'Association parlementaire pour la coopération euro-arabe, plusieurs éléments militent en faveur de cette thèse: Outre l'importance de Nairobi dans le dispositif israélien, il y a l'accord de coopération militaire conclu en 1996 entre Tel-Aviv et Ankara, le fait que le Mossad mène depuis lors certaines opérations de renseignement pour le compte de la Turquie (comme le démontra le fiasco de Chypre, en novembre, quand deux agents israéliens furent pris en flagrant délit d'espionnage dans la partie grecque de l'île), le repérage et la surveillance d'Oçalan durant son odyssée et, enfin, la méthode du rapt qui rappelle la technique israélienne employée en 1986 pour s'emparer, à Londres, de Mordehaï Vananu, ce technicien qui avait dévoilé au monde les preuves du programme nucléaire militaire israélien.

L'énergie déployée par les Israéliens pour se disculper en devient presque une confirmation supplémentaire! Ainsi, le chef du Mossad, Ephraïm Halévy, a-t-il diffusé une circulaire à tous ses employés pour les «informer» que le Mossad n'avait collaboré d'aucune façon avec les services turcs dans la capture d'Oçalan au Kenya . Un commentateur de la télévision israélienne a même ironisé sur le fait qu'il s'agit d'une première: un service secret qui se vante de tout ignorer d'une affaire de cette importance. De toute évidence, cette circulaire du Mossad, dont l'authenticité a été confirmée par le Premier ministre israélien Netanyahou, vient s'ajouter aux efforts fournis par les autorités israéliennes pour s'extirper de cette affaire.

Autre indication: dès le 13 octobre, un officier supérieur des renseignements israéliens, Amos Malka, annonçait à la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, à Jérusalem, qu'Oçalan avait quitté son quartier-général en Syrie et atterri en Russie. Information parfaitement exacte, comme le confirmera le Premier ministre turc Bülent Ecevit six jours plus tard, avançant qu'un service secret étranger avait aidé à localiser le chef du PKK .

Selon les sources «des milieux du renseignement à Nairobi», citées par l'AFP jeudi, les Américains avaient prévenu les autorités kényanes de l'arrivée d'Oçalan vers le 2 février, les Israéliens étant également au courant. Ensemble, Américains et Israéliens auraient ensuite fait pression sur Nairobi pour que le Kurde le plus recherché du monde soit livré à Ankara. Le président kényan Daniel Arap Moi aurait décidé de céder contre l'avis de son ministre des Affaires étrangères pour conserver de bonnes relations avec les Etats-Unis et Israël.

B. L. (avec V. Cy.)

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