LE RECORDMAN DES SELECTIONS NATIONALES A ENFIN TROUVE UN CLUB:JAN CEULEMANS ENTRAINEUR A ALOST

Le recordman des sélections nationales a enfin trouvé un club

Jan Ceulemans entraîneur à Alost

Après Bocandé, voici Ceulemans! À défaut de frapper les imaginations sur le terrain, Alost le fait dans son recrutement.

Après avoir lanterné pendant plus de dix mois, Jan Ceulemans, qui avait arrêté sa carrière de joueur le 10 janvier dernier, vient enfin de se caser comme entraîneur. Le recordman des sélections nationales (96) a cependant dû revoir certaines de ses prétentions à la baisse puisque c'est à l'Eendracht Alost, où il remplacera Jean-Pierre Van de Velde, viré hier matin, qu'il entamera sa deuxième vie dès aujourd'hui. Jusqu'à la fin de la saison, dans un premier temps.

Le club flandrien, qui vient d'engager Jules Bocandé, avait été relégué en division II à l'issue de la saison dernière, n'ayant réussi à glaner que 16 petits points parmi l'élite. Cette saison, il occupe la cinquième place du classement général après la huitième journée avec un total de 9 points, en compagnie de Saint-Nicolas, Mouscron et Geel. Mais il a surtout subi, dimanche dernier, une cinglante défaite à domicile (1-4) des oeuvres de Diest. C'est elle, visiblement, qui a fait déborder le vase...

UN PALMARÈS À SE LÉCHER

LES BABINES

On ne dira pas que Ceulemans a failli attendre...; en vérité, il commençait à désespérer, eu égard à son impressionnante carte de visite, de n'avoir, jusqu'à présent reçu des offres que de clubs de seconde zone, pour lesquels il n'avait pas voulu s'engager!

Ceulemans, c'est vrai, avait des raisons d'être exigeant. Véritable «monument» du football belge, il a été sacré «Soulier d'or» à trois reprises (1980, 1985 et 1986) et a obtenu le Trophée national du Mérite Sportif en 1990. Avec le FC Brugeois, il a conquis trois titres nationaux (1980, 1988 et 1990) et deux Coupes de Belgique (1986 et 1991). Mais c'est évidemment avec les «Diables rouges» qu'il a connu ses plus belles heures de gloire, lors de deux championnats d'Europe (1980 et 1984) et trois phases finales de Coupe du monde (1982, 1986 et 1990), où il a rarement déçu.

Cet impressionnant palmarès masquait pourtant mal une personnalité pour le moins effacée, qui n'a pas dû l'aider, c'est sûr, lorsqu'il a fallu «se vendre». Il n'avait pas le bagoût d'un Gerets, d'un Vandereycken, d'un Daerden ou d'un Haan, qui n'ont pas eu la moindre difficulté à faire leur trou dans la corporation des entraîneurs. D'une étonnante discrétion, il avait gardé, tout au long de sa carrière, cette image d'un homme attaché à son terroir. Il avait notamment refusé à deux reprises un transfert lucratif pour l'Italie, préférant jouer la carte de la sécurité, de la fidélité et de l'équilibre familial en restant dans la Venise du nord. À 28 ans, il avait innové en resignant un contrat de 7 ans à Bruges, une grande première en Belgique.

UN PLACARD QUI N'ÉTAIT

M EME PAS DORÉ

Sa décision de mettre un terme à sa carrière, après la trêve hivernale, la saison dernière, avait pris les dirigeants du FC Brugeois de cours. Blessé au genou, il n'avait plus voulu, à 34 ans, prendre le risque de subir une nouvelle opération, qui était devenue inéluctable. Dans la foulée de l'annonce de sa retraite sportive, l'état-major du «Club» lui avait promis une place dans le staff technique. Mais son rôle était toujours resté très nébuleux, à mi-chemin entre un poste d'entraîneur de l'équipe espoir et un autre de détecteur de talent. Pour être franc, on ne savait pas très bien où le caser.

Jan Ceulemans l'avait fort bien compris. Il avait pris résolument ses distances avec le club à qui il avait tout donné après avoir appris que Hugo Broos ne voudrait pas de lui comme adjoint après le départ de Ronny Desmedt pour Trabzonspor. Je comprends sa position, assurait-il, hier matin, à nos confrères du «Volk». Hugo a été honnête avec moi et je n'ai pas de problèmes avec les gens qui me disent en face ce qu'ils ont à me dire.

Alors que l'on avait annoncé son arrivée possible à Saint-Nicolas, il y a quelques jours, c'est donc à Alost que le Lierrois a finalement abouti. Pour son premier match, dans dix jours, il sera servi puisque ses troupes se rendront à Seraing. Ce ne sera pas carnaval!

PHILIPPE VANDE WEYER