Le voile au labo, un problème de sécurité

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Le voile au labo, un problème de sécurité

Le port du voile pose des risques de sécurité dans les laboratoires de sciences. À l'Université libre de Bruxelles, il est interdit au labo. Des étudiantes musulmanes ont rejoint l'Université catholique de Louvain où il existe des voiles résistant au feu.

En France

, tout signe religieux, dont le voile islamique, est désormais interdit à l'école publique. En Belgique, la liberté est laissée aux écoles et aux universités de les interdire ou non.

Mais il arrive que le voile pose problème pour des raisons de sécurité. Dans les laboratoires de sciences, par exemple. On y manipule parfois du gaz et des substances chimiques pouvant brûler, sans oublier des machines mécaniques dans lesquelles un tissu peut facilement être entraîné.

À l'Université libre de Bruxelles (ULB), le voile est donc interdit dans les laboratoires de sciences (mais pas dans les autres cours). Tout comme les vêtements aux manches amples si elles ne sont pas serrées dans un tablier, les couvre-chefs de tous types (casquettes, etc.), les pendentifs, bijoux et autres ornements. Les cheveux longs doivent par ailleurs être attachés.

« Pas contre le voile ! »

D'après la direction de l'ULB, ce règlement n'est pas neuf. Il a juste été rappelé en cette rentrée. Des étudiantes musulmanes ont préféré quitter l'ULB plutôt que d'enlever leur voile durant les labos.

N'importe qui inscrit à l'ULB peut porter les vêtements qu'il veut, pour autant qu'il respecte les bonnes moeurs, explique André Nayer, vice-recteur aux affaires étudiantes.

Nous avons agi en faveur de la sécurité et non contre le voile. On se focalise sur quelques étudiantes - on parle de dix mais on ignore toujours le nombre exact - en oubliant toutes celles pour lesquelles le règlement ne pose aucun problème !

Le coton moins inflammable que le nylon

À l'Université catholique de Louvain (UCL), les professeurs de sciences sont confrontés au même problème. Mais là, la consigne est de privilégier la sécurité avec un maximum de tolérance. Pas toujours facile à négocier...

L'an dernier, une enseignante de l'Institut Paul Lambin, sur le site de l'UCL à Woluwe, a trouvé une idée originale pour concilier les points de vue : elle a cousu elle-même des foulards en coton, moins inflammables que ceux traditionnellement en nylon des musulmanes.

En brûlant, le nylon fond et peut donc coller au visage,

explique Anne-Marie De Neef, professeur de travaux pratiques à l'Institut Paul Lambin.

Ce qui n'est pas le cas du coton. Mais le coton ne protège pas des produits chimiques comme l'acide... Non, mais cela réduit les risques. Comme les tabliers et les pinces dans les cheveux que nous imposons aussi dans les labos. Vous savez, on travaille de longues heures ensemble dans les labos. On est bien obligés de s'entendre...

Anne-Cécile Huwart

Nous consacrerons prochainement une page forum sur le port du voile à l'école. Nous attendons vos réactions sur notre site www.swarado.be.

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