Les fantômes d’Andreas

Andreas hante la bande dessinée de ses illuminations depuis plus de trente ans. Ce maître de la fantasmagorie vit ses cauchemars éveillés à travers des héros du paranormal, égarés aux frontières des mondes parallèles. Rork ou Capricorne traversent des dimensions inconnues, passant de la couleur au noir et blanc. Le trait d’Andreas fracture le gaufrier classique de la bande dessinée, dynamite les cases et fouette l’imagination pour emmener le lecteur vers de nouveaux territoires oniriques. L’auteur brouille les sens de lecture traditionnels, piège la rationalité et réinvente sans cesse l’art de raconter une histoire en bande dessinée.

Le Lombard célèbre ses coups de génie à travers trois sorties simultanées : Vu de près, le 16e épisode de Capricorne, Les fantômes, le numéro zéro de Rork, et le tome 1 de l’intégrale de Rork, dans lequel on retrouve le numéro zéro mais dans une version en noir et blanc. Un joli pied de nez à la relativité du temps, dont le principe est au cœur même de l’œuvre d’Andreas…

« Quand j’ai commencé dans la bande dessinée, tout était en couleur dans le journal Tintin. Mais un peu plus tard, la revue A Suivre a remis le noir et blanc à la mode. J’y ai signé les Révélations posthumes avec François Rivière. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas plus facile ni plus rapide de travailler en noir et blanc. Les hachures sont fastidieuses. Personnellement, j’adore les deux univers mais il faut reconnaître que le grand public et les éditeurs préfèrent généralement la couleur. Je suis donc très heureux de pouvoir offrir deux visions différentes des Fantômes de Rork. C’est une belle idée éditoriale qui ajoute un bonus intéressant au premier tome de l’intégrale. »

Tandis que Rork achève son destin, Capricorne, l’aventurier dont le nom ne peut être prononcé sous peine de voir New York disparaître, entame un nouveau cycle. Il était né dans les deux derniers tomes de Rork mais son aura dépasse désormais celle du maître. « Rork était conçu en sept volumes dès le départ. J’ai réfléchi à une suite et je l’ai trouvée avec Capricorne, que j’ai testé… dans la fin de Rork ! »

Avec Vu de près, Andreas plonge dans les yeux de Capricorne. L’album est un close-up sur le héros au sort plus incertain que jamais. Il a sauvé New York mais au prix d’un pacte fatidique dont il sortira métamorphosé : « Je me pose toujours un défi avec un nouvel album. Le précédent était très architecturé avec des vues de gratte-ciel spectaculaires. Celui-ci prend le contre-pied en serrant au plus près les personnages. On est dans le jeu des regards et des dialogues très intimistes. Les limites de la série sont faites pour être dépassées. Mon éditeur me laisse libre de faire ce que je veux et j’adore bousculer les contraintes, tout en restant lisible pour le grand public. »