LES JOURNEES DU PATRIMOINE (X), HISTOIRES DU MANOIR D'ANJOU

Les journées du patrimoine (X)

Histoires du Manoir d'Anjou

Woluwe-Saint-Pierre, en ses verts contours, dissimule moult petits trésors architecturaux. Parmi ces derniers, entre l'avenue Alfred Madoux et la rue au Bois, le parc du Manoir d'Anjou (du nom du duc fondateur de la quatrième maison d'Orléans, Philippe, frère de Louis XIV et dont le descendant régna sous le nom de Louis-Philippe) offre tout ce qui peut ravir l'oeil de l'esthète.

Ainsi, on peut saluer dans le parc les statues mythologiques disséminées par Alfred-Casimir Madoux (1838-1904). Ce dernier, directeur de «l'Étoile Belge», l'un des plus importants journaux bruxellois de l'époque, racheta la propriété (à l'époque dénommée «Château de Putdael»). C'est lui qui, en 1885, érigea, à l'emplacement des bâtiments existants, une imposante demeure, d'inspiration néo-classique et coiffée d'une coupole : le manoir actuel. Outre les statues, Alfred Madoux agrémenta également le parc d'une grotte artificielle.

Un nouveau chapitre s'ouvrit en 1913 avec l'arrivée du duc d'Orléans, chef de la Maison de France, en exil. Le manoir, désormais appelé d'Anjou, est redevable à ce prince d'un important réaménagement intérieur, de la construction d'une vaste pièce de réception et de celle de deux cheminées monumentales : l'une de style néo-Louis XV, l'autre de style néo-Renaissance, portant les armes de la Maison de France et la devise royale «Mont-joie-Saint-Denis». Le duc d'Orléans fit aussi aménager un parc à cerfs et élever de nouvelles dépendances pour loger sa collection de chiens, de chevaux et d'animaux rares ramenés de ses nombreux voyages en Afrique, Indes, Amérique et pôle Nord.

Plus tard, lors de la Seconde Guerre mondiale, le domaine fut réquisitionné par les Allemands. Délogés à la Libération, ces derniers laissèrent la place à une unité anglaise, puis à la section belge de la RAF (Royal Air Force). Dans les années cinquante, la propriété fut vendue par la Famille de France à la Maison du Bon Pasteur d'Angers, des religieuses qui allaient pendant une quarantaine d'années s'occuper d'enfants et de jeunes filles en difficultés.

Aujourd'hui, la plus grande partie du domaine a été acquise par l'ASBL «Fraternités de Bon Pasteur» qui y réalise des projets d'ordre pastoral et social.

Mise à part une visite, lors des journées du patrimoine, si vous désirez en savoir davantage sur les fastes et malheurs du manoir, n'hésitez pas à vous plonger dans la lecture du livre, très documenté et abondamment illustré, de Marie-Thérèse Gelders «Les saisons du Manoir d'Anjou» (2).

A. G.

(1) Visites guidées le samedi 16 et le dimanche 17 septembre, à 10 h et 14 h (53 avenue Madoux, 1150 Woluwe-Saint-Pierre). Visites suivies d'un exposé historique avec dias. L'accès à la salle où se déroule l'exposé peut se faire à 10 h 45 et 14 h 45, par le 365 b de la rue au Bois. Attention : accès uniquement par visites guidées (bus 36, Manoir d'Anjou).

(2) «Les saisons du Manoir d'Anjou», disponible au 21 de l'avenue des Jockeys, 1150 Bruxelles (300 pages).