LES POUDRERIES REUNIES DE BELGIQUE EN FAILLITE ?

Les Poudreries réunies de Belgique en faillite?

L'offre de reprise française est très insuffisante

Vendredi, l'espoir était encore permis. Les propositions des entreprises françaises SNPE et GIAT-Industries en vue de la reprise de PRB, qui devaient être transmises ce week-end aux intéressés, s'annonçaient valables. Las! Elles se sont en réalité révélées très en-deçà du minimum requis pour que la société puisse poursuivre ses activités. Et ont donc été rejetées, selon nos informations, à la fois par les banques, la direction du numéro deux belge de l'armement et son propriétaire, le britannique Astra.

Conséquence immédiate: la direction des Poudreries réunies a pris ce matin la route du Tribunal de commerce pour y déposer son bilan. Elle y était contrainte, légalement, faute d'un accord intervenu à cette date, sous peine d'être convaincue de faillite frauduleuse. Reste au président du Tribunal à se prononcer et, le cas échéant, à constater la faillite au plus tard demain matin.

Il fallait au bas mot 1,2 milliard pour sauver PRB, redevable de ce montant en créances et en charges sociales. Les Français, qui proposaient de reprendre trois des cinq sites de production de la société, n'ont offert que 350 millions. Offre assortie d'un grand nombre de conditions si draconiennes qu'elles ont été jugées inacceptables. Les candidats-repreneurs exigeaient par exemple que les banques assurent le fonds de roulement indispensable à la poursuite des activités de PRB. Or, les banques avaient été très claires: plus un centime sans garanties suffisantes pour assurer l'avenir de PRB. Leur position n'a pas changé, nous a-t-on confirmé à la Générale de Banque. Et les lignes de crédit à rallonge consenties ces derniers mois arrivent ce soir à échéance. Incapable de rembourser, PRB est donc contraint au dépôt de bilan.

Outre le coût social très élevé d'une telle hypothèse - 1.200 pertes d'emploi à la clé -, la fermeture des cinq usines de PRB - Balen, Malines et Kaullile en Flandre, Clermont et Matagne en Wallonie - poserait de graves problèmes aux collectivités. Qui devraient à la fois gérer le démantèlement d'importants stocks d'armes, de poudres et d'explosifs extrêmement dangereux, mais aussi la «dépollution» de sites comme Balen, fournisseur de matières premières tout aussi menaçantes pour l'environnement.

Mais la faillite n'est pas encore prononcée. Et le dialogue n'est pas mort: les négociations se poursuivent entre les banques et PRB, laissant entrevoir la très faible éventualité d'un retournement de situation avant mardi matin. En outre, côté Région wallonne, on laisse entendre que même en cas de faillite, PRB pourrait encore trouver acquéreur. Pourquoi pas les actuels candidats français?

PHILIPPE BERKENBAUM