Les Victoires

Les Victoires

de la famille

«Familles, je vous hais», criait André Gide. Comme cette phrase est démodée au jour d'aujourd'hui! Non seulement on aime de plus en plus sa famille, mais, quand on peut, et chaque fois qu'on peut, on tente de s'en créer une supplémentaire.

Regardez plutôt du côté de nos vedettes: elles n'ont de cesse de nous montrer à quel point elles se sentent bien entre elles, dans leurs grandes familles professionnelles respectives. A tel point qu'elles n'hésitent pas à faire profiter le petit peuple des téléspectateurs de leurs joyeuses retrouvailles. A preuve, les 7 d'or dont nous n'avons pu avoir un aperçu qu'à retardement, mais qui montraient bien l'affection qui emplissait les coeurs.

Cette fois, c'est au tour de nos chanteurs d'astiquer nos habituelles paillettes pour nous faire part de leur bonheur d'être ensemble. Là, tous ensemble, d'un même élan, dans ce Zénith qui les a vu triompher. Ou qui les verra, un jour ou l'autre, au faîte d'une carrière bien menée et parfois - souvent - savamment orchestrée. Comme ce soir, par exemple.

Car, ce samedi, c'est la fête de «toutes les musiques». Réjouissez-vous, braves gens, vous êtes conviés aux agapes. Au moins visuelles. Vous allez en avoir plein les yeux de décolletés profonds, de smokings dernier cri et autres fanfreluches. De sourires tous azimuts, de congratulations, d'angoisses au moment de l'ouverture fatidique des enveloppes surprises par des mains amies. Car on a beau être l'objet de l'hommage le plus profond des fans, on n'en a pas moins la crainte de ne pas être reconnu comme le meilleur d'entre tous par ses pairs.

Ce soir, qu'on se le dise, la «grande famille» - toujours elle - des professionnels de la musique distribue ses Victoires, sous l'oeil attentif de sa mère tutélaire, dame S.A.C.E.M., qui veille au grain sonnant et trébuchant de tous et de chacun.

Le bal est mené par Patrick Sabatier sur lequel on peut compter pour que tout soit bien convenable. Avec des chanteurs comme s'il en pleuvait. Pour tous les goûts. A commencer par un presque-revenant qui aura droit à un hommage particulier. Frémissez, mesdames, il s'agit de Julio Iglesias. Tout beau, tout neuf. Et dont on murmure qu'il lui faut une nouvelle conquête chaque soir.

Dans le flot du Top 50, on a fait une place à la musique classique et à ses interprètes. Une place un peu étroite, certes, mais pour bien prouver la grande fraternité entre toutes les musiques. Ah! décidément, familles, on vous aime!

JACQUELINE BEAULIEU.

«Les 4es Victoires de la musique», T.F. 1 et T.V. 5, 21 h 05.