LE PULL-OVER ROUGE:PAS DE REVISION DU PROCES RANUCCI

«Le pull-over

rouge»: pas de

révision du

procès Ranucci

La Commission française de révision des condamnations pénales a rejeté, vendredi, la troisième requête présentée par les avocats de Christian Ranucci, guillotiné en 1976 pour l'assassinat, en 1974, dans la région de Marseille, d'une fillette de 8 ans, Maria Dolorès Rambla.

La Commission, composée de magistrats de la Cour de cassation et présidée par Paul Malibert, a estimé que, même après l'entrée en vigueur de la loi du 23 juin 1989, élargissant les possibilités de révision, aucun fait nouveau n'était de nature à introduire un doute et donc à réviser la condamnation prononcée le 10 mars 1976 par la cour d'assises des Bouches-du-Rhône.

Pour Me Jean-François Le Forsonney, l'un des avocats de la famille Ranucci, le combat pour la réhabilitation va se poursuivre: Nous allons nous remettre au travail, chercher d'autres faits, chercher encore à l'intérieur de ce dossier. (...) Nous déposerons une nouvelle requête en révision.

Me Gilbert Collard, défenseur de la famille Rambla, a estimé pour sa part que Ranucci était coupable mais ne méritait pas la peine de mort, ajoutant qu'il s'agit d'une erreur de justice mais non d'une erreur judiciaire.

L'écrivain, Gilles Perrault et le cinéaste Michel Drach avaient, sous le titre du «Pull-over rouge», «plaidé» l'innocence de Ranucci, mais d'autres observateurs sont d'avis qu'il aurait pu échapper à la mort si sa défense avait plaidé le déséquilibre mental plutôt qu'une non-culpabilité plus que douteuse.

Mme Mathon, la maman de Ranucci, estime que les rétractés de son fils sont dus à la naïveté d'un jeune homme de 20 ans qui n'a pas supporté les interrogatoires violents.

Cette requête en révision avait été déposée le 23 mars 1990. Depuis cette date, l'un des cinq magistrats de la commission de révision avait procédé à l'instruction du dossier. Les deux requêtes précédentes, présentées en 1979 et 1982, avaient été elles aussi rejetées. (AP.)