LES 2.700.000 SIGNATURES DE MARC ET CORINE AU PARLEMENT

Les 2.700.000 signatures de «Marc et Corine» au Parlement

Par paquets de 5.000, 10.000 et 20.000, les 2.700.000 signatures recueillies par la pétition de l'ASBL Marc et Corine, réclamant un régime transitoire de peines incompressibles pour certains criminels, sont arrivées, mercredi matin, au Parlement, convoyées par Jean-Pierre Malmendier lui-même.

Le vice-président de l'association était accompagné de François Kistemann, son président, et de deux responsables d'organisations néerlandophones équivalentes. Ils ont tous été reçus par le président de la Chambre, Raymond Langendries, et par le président de la commission des pétitions. Ces derniers auraient promis de transmettre leur message aux parlementaires pour qu'un large débat s'ouvre sur les conditions d'application des peines.

François Kistemann et Jean-Pierre Malmendier sont les pères de Marc et de Corine, tués gratuitement pour le vol d'une voiture. La libération anticipée de Marc Dutroux, avant que celui-ci n'enlève vraisemblablement Julie, Mélissa et d'autres, a renforcé leur volonté de voir rouvrir le débat sur la libération conditionnelle.

- Des peines incompressibles de 15 ans, par exemple, explique M. Malmendier, permettraient au juge de mieux qualifier et donc de démontrer la gravité de certains faits. On prouverait ainsi aux victimes qu'on évalue bien l'importance de ce qu'elles ont subi. Ces peines ne seraient prévues que pour les crimes crapuleux, pervers, multiples et pour les atteintes aux personnes qui ne recèleraient pas un caractère passionnel.

- Nous ne sommes pas par principe contre la loi Lejeune (NDLR : de libération anticipée), enchaîne M. Kistemann, mais cette loi très ancienne doit être appliquée plus justement.

La politique de libération anticipée des détenus actuellement menée offre trop peu de garanties aux victimes, selon les responsables de l'association :

- Nous dénonçons l'énorme déficit des moyens qui entourent actuellement la libération conditionnelle, poursuivent MM. Malmendier et Kistemann. Un régime transitoire de peines incompressibles donnerait le temps à la justice de mieux former les gens qui prennent en charge les détenus, une fois qu'ils ont été libérés, et de mieux détecter les individus dangereux qui risquent de récidiver. La justice doit aussi mieux déterminer le moment auquel on peut libérer un détenu, avec le soutien suffisant, sans prendre trop de risques de récidive.

Les signataires de la pétition réclament également une plus grande considération pour les victimes :

- Les victimes doivent être plus associées aux libérations de ceux qui leur ont nui. En être informés personnellement et obtenir des garanties pour que les condamnés ne leur portent pas, à nouveau, préjudice.

Les victimes devraient aussi pouvoir bénéficier de soins médicaux et psychologiques et d'un accompagnement judiciaire gratuits.

Les présidents des groupes politiques et des Commissions de la Chambre réunie à Val Duchesse, ont décidé hier soir d'apporter une «réponse forte» à la pétition qui pourait être examinée en séance pleinière ou en Commission de la Justice et non en Commission des pétitions, comme c'est l'habitude.

MICHELLE LAMENSCH