MORT DU REDACTEUR EN CHEF DE LA REVUE GAY SPARTACUS

Il avait été poursuivi en Belgique

Mort du rédacteur en chef

de la revue gay «Spartacus»

Le Britannique John Stamford, 56 ans, éditeur et rédacteur en chef du guide de voyages pour homosexuels «Spartacus» est décédé mercredi de mort naturelle à l'hôpital de Geel.

Stamford avait comparu au début de l'année devant le tribunal correctionnel de Turnhout pour incitation à la pédophilie.

Le procès de John Stamford s'était ouvert le 23 novembre 1994 dans une ambiance très médiatisée. Le prévenu était notamment poursuivi pour publicité en vue de l'exploitation sexu-elle d'adultes ou enfants.

John Stamford avait déjà eu affaire aux justices allemande et néerlandaise pour des faits similaires. Il avait été inculpé à deux reprises puis relâché en vertu du droit à la liberté d'expression, les autorités estimant que l'enquête n'apportait pas de preuves tangibles. Stamford avait finalement été arrêté en novembre 1993 près de Turn-hout où se trouvait le siège de ses activités. Bien que l'inculpé avait demandé le huis clos pour «protéger sa vie privée», le juge avait décidé que le procès se déroulerait en audience publique, suivant en cela la demande des parties civiles.

Lors du procès, le ministère public avait réclamé ce qu'il estimait être la peine maximale susceptible d'être infligée à Stamford, soit un an de prison, provoquant l'indignation des avocats des quatre organisations non gouvernementales qui s'étaient portées partie civile. Pour ceux-ci, trois éléments étaient en effet à retenir à charge du prévenu : la publication du guide «Spartacus», la diffusion de publications illustrées de caractère pédophilique et la publication de «guides de voyage» et de prospectus invitant les Occidentaux à assouvir leurs penchants dans les pays du tiers monde.

L'avocat de Stamford, Me Bartels avait, quant à lui, affirmé que son client était victime de la collusion de certains journalistes et d'organisations humanitaires et qu'il ne pouvait être poursuivi pour incitation à la prostitution d'enfants. Tout en admettant que John D. Stamford avait été impliqué dans la publication de revues qui, selon la partie civile, ont un caractère pédophilique, l'avocat avait relativisé ces incriminations, affirmant que les photos de ces revues montraient certes de jeunes garçons mais que ceux-ci n'étaient pas nus, que les illustrations étaient innocentes ou artistiques.

Le guide «Spartacus dont Stamford était rédacteur en chef a été édité pour la première fois en 1970. Rédigé en anglais, il est vendu dans 150 pays à 60.000 exemplaires. Il comporte de nombreux renseignements à l'usage de la communauté homosexuelle à travers le monde.

Finalement, le 19 avril 1994, le tribunal correctionnel s'était déclaré incompétent pour juger John Stamford, suggérant ainsi un renvoi de l'affaire devant la cour d'assises. La cour d'appel d'Anvers devait examiner le dossier dans le courant de l'année prochaine. (Belga.)