MUNTEANU MEILLEUR JOUEUR DE LA SAISON 1993-1994: LE ROUMAIN DU CERCLE A RECU SON BALLON DE CRISTAL DES MAINS DE M.ROETHLISBERGER

Le Roumain du Cercle a reçu son Ballon de cristal des mains... de l'arbitre Roethlisberger!

Munteanu meilleur joueur de la saison 1993-1994

Premier lauréat du Ballon de cristal, Dorinel Munteanu s'efforcera de justifier ce trophée dès ce soir contre Anderlecht.

Le premier Ballon de cristal a été attribué, hier soir, au joueur roumain du Cercle de Bruges, Dorinel Munteanu. Imaginée conjointement par les chaînes de télévision payantes Canal + et Film-net ainsi que par les quotidiens «Het Nieuwsblad» et «Le Soir», cette nouvelle distinction récompense un joueur pour sa prestation sur l'ensemble d'une saison. Elle se singularise ainsi par rapport au Soulier d'or qui porte sur une année civile.

Autre particularité du Ballon de cristal: tous les joueurs de notre championnat peuvent entrer en ligne de compte ainsi que les Belges qui évoluent à l'étranger. Philippe Albert, transféré à Newcastle, pourrait donc, par exemple, être le lauréat de l'an prochain.

Enfin, la troisième caractéristique notoire réside dans le mode de scrutin: outre les spécialistes (entraîneurs, joueurs, journalistes...), le public jouit également du droit de vote. Il peut ainsi exprimer ses préférences par le biais des quatre médias organisateurs précités. On peut donc vraiment parler, ici, d'un plébiscite.

Pour cette première édition, la sympathie populaire a consacré le talent de Munteanu. Dorinel a émergé largement (410 points) devant... son ancien équipier Josip Weber (301 points). Viennent ensuite Lorenzo Staelens (299 points), Filip De Wilde (292 points) et Luc Nilis (280 points).

Pour le Roumain du Cercle, qui a débarqué dans la «Venise du Nord» il y a à peine douze mois, cette récompense constitue le signe d'une parfaite adaptation à notre pays ainsi qu'à notre football. Au début de la saison dernière, personne pourtant ne connaissait le petit footballeur des Carpates. Munteanu s'imposa cependant très vite comme l'un des créateurs les plus talentueux de la division I. Son intelligence de jeu, assortie à l'efficacité de Josip Weber, permit au Cercle de terminer finalement la saison loin des sièges basculants, malgré un début de parcours catastrophique. À l'image de l'équipe roumaine, il réalisa également cet été une excellente Coupe du monde même s'il se retrouva aux États-Unis dans un rôle excentré qui le mettait moins en valeur. Il est vrai qu'avec un certain Hagi dans l'équipe...

S'il parvient à confirmer ses qualités cette saison, Munteanu devrait en principe, comme Josip Weber, faire l'objet d'un plantureux transfert. Anderlecht, comme toujours, est sur les rangs des acheteurs potentiels. Il faut dire que les gauchers ne sont pas légion au Sporting depuis le départ de Philippe Albert.

Mais on n'en est pas encore là. L'international roumain n'a d'ailleurs jamais voulu brûler les étapes. Fils de garagiste, originaire de Gradinari, non loin de Timisoara où il naquit en juin 1968, Munteanu débuta sa carrière au FC Olt, un club moyen de division I. Il passa ensuite deux années à l'Inter Sibiu avant de rejoindre, en 1991, le Dinamo Bucarest où il évolua également durant deux saisons.

Comme beaucoup de ses compatriotes, Munteanu décida ensuite de tenter sa chance hors frontières. Il reçut des propositions de Benfica, du club turc de Samsunspor et du FC Malinois. Mais assez curieusement, il opta pour le CS Bruges où il allait il est vrai retrouver ses compatriotes Cheregi et Selymes. Le voilà maintenant sacré Ballon de cristal. Un trophée qu'il a reçu des mains d'un certain M... Roeth-lisberger! L'arbitre suisse du match Allemagne - Belgique, qui précipita l'élimination des «Diables» à Chicago en omettant de sanctionner le fameux penalty sur Weber, était en effet venu s'expliquer face à ses accusateurs belges à l'occasion de cet événement. Une démarche originale et courageuse que l'homme entreprit du reste avec une grande élégance.

Vous devez absolument comprendre à quel point la tâche des arbitres est délicate, a-t-il plaidé. Quand j'ai revu les images de cette phase à la télé, je me suis écrié: M...! J'ai commis une grosse erreur... Mais le mal était fait, et j'en suis désolé pour vous. Simplement, je demande un peu de compréhension. Baresi et Baggio ont raté un tir au but en finale de la «World Cup», mais ils ont été accueillis comme des héros à leur retour en Italie. Nous, les arbitres, on ne nous pardonne jamais rien.

Josip Weber, présent dans l'assistance, a même esquissé un sourire.

Ph. Hg